Les commerces de centre-ville semblent en voie de disparition.
La faute à la vente en ligne, aux grandes surfaces, ou aux difficultés pour se garer.
À Angoulême, TF1 a arpenté une rue qui symbolise à elle seule ce phénomène.

En descendant la rue Hergé, la plus grande artère commerçante d'Angoulême, on constate que plus d'une dizaine de magasins ont fermé récemment. Et leurs pas-de-porte semblent ne pas trouver d'acquéreurs. Prêt-à-porter, cosmétiques, aucun secteur n'est épargné. 

Un couple rencontré par notre équipe n'était pas revenu dans cette rue depuis plusieurs années, et en a le souffle coupé. "On voit une rue quasiment déserte, morte, et effectivement, pas mal de commerces ont mis la clé sous la porte", explique l'homme dans le reportage de TF1 ci-dessus, "quand on vivait ici, il y avait plus de vie".

On se promène en ville, mais on achète à l'extérieur

Parmi les promeneurs rencontrés, beaucoup d'habitants avouent faire eux-mêmes leurs achats hors du centre-ville. Serge Mayodon, propriétaire du restaurant "Le Saint-Martial", un des plus anciens commerçants du quartier, a observé l'évolution. À ses débuts, la rue était bondée. Ces dernières années, les clients sont de moins en moins nombreux, et son chiffre d'affaires a été divisé par deux.

Certaines grandes enseignes ont fait le choix de partir dans les zones commerciales au détriment des centre-villes
Gaël Rautureau, opticien

Achats en ligne, télétravail, inflation... La concurrence est féroce pour les commerces des centre-villes, et la crise du Covid a aggravé la tendance. Mais un autre responsable revient systématiquement dans la bouche des commerçants. "Il y a trois zones commerciales autour d'Angoulême, et du coup, forcément ça impacte le centre-ville", dénonce ainsi l'opticien Gaël Rautureau. "Certaines grandes enseignes ont fait le choix de partir dans les zones commerciales au détriment des centre-villes".

Face aux centres commerciaux et leur parking gratuit, certaines petites boutiques font tout de même de la résistance. Depuis 32 ans, Anne Boisdon vend des vêtements dans le centre d'Angoulême, mais elle a dû s'adapter. "Maintenant, il faut des nouveautés tous les jours, il faut être sur les réseaux, il faut vraiment conseiller les gens", nous explique-t-elle. À l'extérieur, la rue est déserte, mais malgré les fermetures, Anne garde espoir.


La rédaction de TF1info | Reportage : Yaël Chambon, Alexandra Vieira

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