Accoucher à la maison plus sûr qu'à l'hôpital ?

Publié le 11 décembre 2014 à 13h56
Accoucher à la maison plus sûr qu'à l'hôpital ?

GROSSESSE – Les autorités sanitaires britanniques rappellent que l'accouchement à l'hôpital n'est pas la seule voie qui s'offre aux femmes enceintes. Un exemple que la France pourrait suivre.

"Un accouchement à domicile est en général plus sûr qu'à l'hôpital." Ce sont les propos du professeur Mark Baker , directeur des services cliniques du National Institute for Health and Care Excellence (NICE), commentant les nouvelles recommandations de cet institut sanitaire britannique adressées aux femmes ayant déjà eu des enfants et sans complication particulière (voir encadré). Des prescriptions que l'on ne peut appliquer telles quelles en France, mais qui devraient faire évoluer l'offre de prise en charge de la grossesse.

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Environ 45% des femmes ont peu de risque de développer des complications pendant leur grossesse, souligne le NICE. C'est pour cela que peuvent leur être proposés différents lieux d'accouchement : à domicile, dans une maison de naissance et à l'hôpital. Le professeur Baker poursuit donc : "Il n'y a pas de raison que les femmes à faible risque de complications durant le travail n'aient pas leur enfant dans l'environnement où elles se sentent le mieux."

Pas assez de maisons de naissance

Le professeur Philippe Deruelle, secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), souligne auprès de metronews que l'on devrait s'inspirer des Britanniques : "En France, nous avons tendance à proposer à toutes les femmes la même prise en charge de l'accouchement, en particulier hospitalière. C'est un peu trop systématisé." Pour lui, il faut élargir l'offre de soins et couvrir le territoire de davantage de maisons de naissance, "même si cela ne concernera que 10% des patientes".

Mais, pour le moment, le système britannique n'est pas transposable en France : "Il n'y a pas suffisamment de maisons de naissance." Les expérimentations, autorisées depuis novembre 2013 par l'Assemblée nationale , sont encore peu nombreuses. Le professeur Deruelle regrette que le projet d'une maison de naissance à Lille n'ait pu voir le jour : "Nous ne trouvons pas suffisamment de sages-femmes puisqu'elles doivent avoir un statut libéral. Or elles n'ont pas choisi d'exercer en libéral pour s'occuper des accouchements de nuit..."

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Moins d'épisiotomies et d'usage de forceps

Les accouchements à domicile et dans les maisons de naissance sont présentés comme plus sûrs parce que les interventions médicales sont moindres (rien à voir avec le taux de mortalité). Ainsi, sur mille accouchements, quinze seulement donnent lieu à une épisiotomie à domicile, vingt-trois dans des maisons de naissance autonomes, trente-cinq dans des maisons de naissance accolées à une maternité et cinquante-six dans une unité d'obstétrique.

L'usage des forceps ou des ventouses est également moindre : il passe de neuf à domicile à trente-huit à l'hôpital. Idem pour la péridurale : vingt-huit à domicile contre cent-vingt-et-un à l'hôpital, puisque la péridurale nécessite la présence d'un anesthésiste et ne peut être réalisée par une sage-femme. Il s'agit donc "de bien informer les femmes" des choix qui se présentent à elles.


La rédaction de TF1info

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