"Une forme d'exemplarité" : la Ligue contre le cancer salue la transparence de Charles III sur la maladie

Publié le 8 février 2024 à 18h25

Source : TF1 Info

Le roi Charles III a annoncé lundi 5 février être atteint d'une "forme de cancer".
Ce dernier a choisi de partager ce diagnostic notamment "dans l'espoir d'aider le public à comprendre tous ceux qui sont touchés par cette maladie", précise le palais de Buckingham.
Selon la Ligue contre le cancer, la transparence du souverain pourrait avoir un effet positif sur le plan de la prévention et du diagnostic précoce.

Une communication qui brise une longue tradition de la famille royale britannique. Le palais de Buckingham a dévoilé, ce lundi 5 février 2024, que le roi Charles III est atteint d'"une forme" de cancer, tranchant avec la pudeur qui a entouré notamment la santé de la reine Elizabeth II les années précédant sa mort. Si le souverain a choisi de partager ce diagnostic pour éviter "toute spéculation ou sensationnalisme" concernant son état de santé, l'annonce a aussi vocation à "aider le public à comprendre tous ceux qui sont touchés par cette maladie", précise le palais dans un communiqué.

Cette philosophie avait pour rappel déjà été mise en avant début janvier concernant l'annonce de son intervention due à une hypertrophie de la prostate, suite à laquelle le National Health Service (NHS) a effectivement observé une hausse des demandes de diagnostics. L'annonce inattendue de lundi aura-t-elle un retentissement similaire sur le plan de la prévention dans la lutte contre le cancer ? C'est en tout cas ce que souhaite la Royal Society of Medicine qui a remercié le roi d'avoir souligné "à quel point le cancer frappe sans discrimination", encourageant le public éligible au dépistage du cancer à prendre rendez-vous. 

"Une façon de libérer la parole"

"On sait que concernant un certain nombre de maladies, dont le cancer, mais aussi le sida ou encore la mucoviscidose, la prise de position de personnalités publiques est une façon de libérer la parole, comme une forme d'autorisation à en parler autour de soi", analyse Emmanuel Ricard, porte-parole de la Ligue contre le cancer. "Ça donne l'impression aux gens qu'ils ne sont pas seuls", poursuit-il, évoquant notamment, l'exemple de l'annonce du cancer du sein d'Angelina Jolie qui avait conduit au "même effet libérateur et informatif" avec "des personnes qui avaient déclenché des consultations".

"En d'autres termes, les gens se disent : si le cancer peut toucher les personnes les plus haut placées, et qu'elles manifestent une sorte d'humanité en l'évoquant, c'est que c'est une maladie qu'il ne faut pas cacher, il ne faut pas encourager une forme d'ostracisme, mais au contraire se soutenir, en parler", poursuit-il.

"Le timing renforce la qualité du message"

Cette empathie et cette solidarité de Charles III envers les patients atteints de cancer ne date toutefois pas de son récent diagnostic, puisque ce dernier est pour rappel engagé depuis de nombreuses années dans la lutte contre le cancer et est notamment parrain d’associations, dont le Macmillan Cancer Support depuis 1997. Hasard du calendrier, son épouse, la reine Camilla, a d'ailleurs inauguré quelques jours avant la communication de Buckingham un nouveau centre de soutien aux malades du cancer au Royal Free Hospital de Londres. 

L'annonce du diagnostic du roi Charles coïncide aussi avec à un autre rendez-vous important pour les malades
: la journée mondiale de lutte contre le cancer, qui était célébrée cette année ce dimanche 4 février. "Je ne sais pas si l'annonce concernant le roi Charles, le lendemain, était calculée, ou si elle a été décalée pour ne pas interférer avec cette journée de sensibilisation, mais force est de constater que le timing renforce la synergie et la qualité du message", estime Emmanuel Ricard. Reste à savoir désormais si, en France, ''on sera en capacité de répondre à la demande dans le cas où l'annonce du roi Charles serait effectivement suivie d'une sensibilisation avec augmentation de la demande", souligne-t-il, rappelant que la journée mondiale a notamment mis l'accent sur des délais d'attente toujours plus longs pour obtenir une cœlioscopie ou une mammographie.

Pour conclure, Emmanuel Ricard salue également "une forme d'exemplarité" en matière de respect de l'intimité du malade et du secret médical, le palais de Buckingham ayant mentionné "une forme" de cancer sans autre précision. "Il revient à chaque personne de faire le choix de communiquer ou non sur la maladie, avec certaines informations réservées à ses proches", insiste-t-il, soulignant sur ce point l'importance de "la mobilisation de la famille et du besoin du soutien" pour faire face à la maladie.

"Il y a quelque chose de vraiment courageux dans l'annonce de cette maladie qui touche un malade personnellement, même s'il s'agit d'une personnalité publique, avec en l'occurrence un statut de chef d'État. Il faut souligner que le roi Charles l'a faite à un moment où supporter l'annonce est un choc pour toute personne", ajoute encore le représentant de la Ligue contre le cancer. "Cela montre qu'outre l'annonce, il y a la question qui se pose pour tous les malades, des responsabilités que l'on a, et donc de l'avenir et du besoin de continuer à être dans la vie même s'il s'agit d'une maladie mortelle", insiste-t-il. Et de souligner : "et l'on voit bien à travers cet exemple que finalement ces personnes qui peuvent nous sembler très éloignées traversent la maladie de la même façon". 


Audrey LE GUELLEC

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