Covid-19 : le défi de la vaccination

Appel à la grève : entre colère et fatigue, des soignants à bout

ALG
Publié le 4 août 2021 à 15h23
JT Perso

Source : TF1 Info

CONTEXTE - Les syndicats de soignants appellent à la grève illimitée à partir de ce mercredi. Outre l'obligation vaccinale prévue pour entrer en vigueur le 15 septembre, ces derniers dénoncent le manque de moyens économiques et humains.

Majoration des heures supplémentaires de 50% et compensation exceptionnelle des congés payés non pris... le gouvernement a annoncé mardi "la réactivation de plusieurs leviers de mobilisation et de soutien aux soignants face au rebond épidémique". Cet appel est lancé au premier jour d'une grève illimitée aux revendications multiples. Outre l'obligation vaccinale prévue pour entrer en vigueur le 15 septembre, Les syndicats de soignants dénoncent le manque de moyens économiques et humains.

"Beaucoup d'arrêts de travail"

À l'hôpital, "nous n'allons pas pouvoir éviter cette vague" que "personne n'a vu arriver  en juillet", a estimé ce mardi sur LCI l'infectiologue Gilles Pialoux, soulignant dans le même temps que celle-ci survient dans un contexte loin d'être favorable. "L'hôpital est à moitié à genou, il y a beaucoup d'arrêts de travail dans certains services", a notamment expliqué le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon à Paris.

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"Aujourd'hui, on manque d'effectifs de partout, la violence explose entre autres en psychiatrie sur fond de restructuration et on continue de restructurer", a déploré toujours sur LCI Guillaume Algrain, secrétaire général CGT Hôpitaux Sud à Marseille, qui a lancé un appel à la grève des soignants ce mercredi. 

Or dans ce contexte d'épuisement, le fait d'imposer la vaccination au risque d'être licencié passe mal au sein de la profession, d'aucuns estimant que cela doit rester un libre choix. "Aujourd'hui si on impose encore une fois on risque d'avoir des gens qui vont se mettre en arrêt maladie , demander à cesser leur travail, on va vers un ensemble de problèmes", annonce de son côté Jean Marc Devauchelle, secrétaire général Sud santé sociaux.

"Découragement et démotivation"

Cette crainte, le professeur Ferhat Meziani, chef du service de réanimation au CHRU de Strasbourg, l'évoquait dès la semaine dernière auprès de l'AFP, n’hésitant pas à évoquer "le découragement et la démotivation" qui touchent certains professionnels au moment où survient cette si redoutée quatrième vague. "Je n'arrive plus à dire aux équipes 'ça va bien se passer'," confiait-il. estimant que "ce n'est pas tenable ce qu'on est en train de s'imposer", et évoquant lui aussi le symptôme de cette situation dégradée. Au sein du pôle, les arrêts maladie sont aussi nombreux en juillet que sur l'ensemble du premier semestre.

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A noter que ces inquiétudes chez les soignants ne se limitent pas à l'hôpital. Renaud Nadjahi, vice-président de l'union des syndicats de pharmaciens, décrivait lui aussi mardi sur LCI une profession "réellement sous tension aujourd'hui". Sollicités "aussi bien en termes de vaccination qu'en termes de test antigéniques", les pharmaciens "sont agressés, des barnums sont détruits, des pharmacies pillées", a-t-il détaillée, en écho à l'agression d'un pharmacien de Montpellier le 31 juillet dernier.


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