Le déficit de la sécurité sociale devrait doubler en 2027

par M.G avec AFP
Publié le 26 septembre 2023 à 17h23

Source : JT 13h Semaine

L'avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit un déficit beaucoup plus important que prévu en 2023 et 2024.
Selon ce texte, consulté en avance par l'AFP, le "trou" devrait doubler d'ici à 2027.

Le "trou de la sécu" ne cesse de se creuser. L'avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale, que l'AFP a pu consulter, table sur un déficit de 8,8 milliards d'euros en 2023 puis à 11,2 milliards en 2024. C'est bien plus que les projections établies par le texte précédent, en avril dernier, qui évoquaient respectivement 8,2 et 9,6 milliards d'euros. Pire, les pertes devraient encore augmenter dans les années à venir, atteignant 15,8 milliards d'euros en 2025 (contre 13 évoqués jusqu'à présent), puis 17,5 milliards en 2026 et 17,9 milliards en 2027. 

Logiquement, l'Objectif national de dépenses d'assurance maladie (Ondam) grimpe également, s'établissant à 247,6 milliards d'euros contre 244,8 initialement prévus. Le gouvernement prévoit une enveloppe de 254,9 milliards pour ce même Ondam en 2024. 

Mesures contre la fraude et les pénuries de médicaments

Ces écarts s'expliquent par les revalorisations salariales à l'hôpital pour enrayer la fuite de son personnel (mesures salariales, meilleure rémunération des gardes de nuit et de week-end), et par une hausse plus importante que prévu des soins de ville, "dans un contexte de forte inflation tirant à la hausse certaines dépenses", comme l'indemnisation des arrêts maladie, indique le texte. L'Assurance maladie a négocié ces derniers mois des revalorisations tarifaires avec plusieurs catégories de soignants, en échange de contreparties pour lutter contre les déserts médicaux. Des négociations avec les médecins libéraux devraient aussi reprendre l'automne prochain (l'augmentation de 1,5 euro des consultations en vigueur le 1ᵉʳ novembre ne sera qu'une "étape", a promis le ministre Aurélien Rousseau).

Pour tenter de limiter ces envolées, l'exécutif mise sur "des mesures de maîtrise médicalisée et de lutte contre la fraude". "En pluriannuel, le taux de progression de l’Ondam serait ramené à 3,0% en 2025, puis à 2,9% en 2026 et 2027", assure le texte gouvernemental. Il prévoit, en outre, que le déficit de la branche vieillesse continue de se creuser comme prévu, mais moins vite qu'attendu dans la foulée de la réforme des retraites, sans explication à ce stade. Il devrait passer de -1,9 milliard en 2023 à -13,6 milliards en 2027. 

Par ailleurs, des mesures pour résoudre les pénuries de médicaments figurent dans cet avant-projet de loi. En cas de ruptures d’approvisionnement, le ministre de la Santé peut rendre obligatoire la délivrance de médicaments à l’unité et la réalisation de tests rapides d’aide au diagnostic (Trod). Un dispositif d’"ordonnance conditionnelle" permet ainsi au médecin de prescrire un antibiotique sous réserve du résultat positif du Trod réalisé en officine. De même, le ministre pourra limiter ou interdire la prescription réalisée par un acte de téléconsultation de certains médicaments en flux tendu. 


M.G avec AFP

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