Pollens : l'espoir d'un vaccin contre l'asthme allergique pour des millions de patients

par F.Se
Publié le 14 mars 2023 à 18h24, mis à jour le 8 avril 2023 à 12h12

Source : Sujet TF1 Info

L'Inserm a franchi une étape décisive en vue de l'élaboration d'un vaccin contre l'asthme allergique.
Cette pathologie touche plus de deux millions de personnes en France.
Les patients atteints des formes sévères de l'asthme allergique pourraient être libérés de traitements très contraignants.

L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), a annoncé avoir franchi une étape dans le développement d'un vaccin efficace contre l'asthme allergique. Les essais, réalisés chez des souris, de déclencher des anticorps contre des protéines humaines, ont été couronnés de succès. 

Les chercheurs envisagent désormais l'étape suivante : passer aux essais cliniques chez l'humain. La perspective d'un vaccin est un espoir pour des millions de patients atteints d'asthme allergique, et particulièrement pour ceux qui souffrent des formes sévères. En France, "l’asthme sévère", rappelle l'Inserm, "est directement associé à plus de 60.000 hospitalisations et à près de 900 décès par an".

Une surproduction d'anticorps

Le vaccin a été élaboré conjointement par des scientifiques venus de l'Inserm, du CNRS, de l'Institut Pasteur, de l'université Toulouse III, ainsi que de l'entreprise française Neovacs. Dans leur dernière étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue spécialisée Allergy, les chercheurs démontrent l'efficacité de leur vaccin pour produire des anticorps à même de "neutraliser des protéines immunitaires humaines clés dans le déclenchement de l’asthme allergique"

Ces protéines, les cytokines IL-4 et IL-13, ainsi que des anticorps appelés immunoglobulines E, sont surproduits par l'organisme en réponse à une exposition aux acariens et autres allergènes. Ce phénomène de surproduction, explique le communiqué de l'Inserm, aboutit à "une hyperréactivité des voies respiratoires, une surproduction de mucus et une éosinophilie (un taux trop élevé de globules blancs appelés éosinophiles dans les voies aériennes)".

Les quelque deux millions de Français sujets à l'asthme allergique disposent principalement de corticoïdes, diffusés par inhalateur. Mais pour les cas d'asthme allergique sévère, cette réponse est insuffisante. Les patients sont alors traités par anticorps monoclonaux thérapeutiques, des médicaments "onéreux et contraignant les patients à effectuer des injections pendant des années, voire tout au long de leur vie"

Le vaccin, nommé "Kinoïde®" constitue pour eux l'espoir d'un traitement plus simple et moins cher. Et pas seulement en France, puisque plus de 150 millions de personnes souffrent d'asthme allergique dans le monde. Le vaccin pourrait également prévenir d'autres pathologies allergiques, comme la dermatite atopique et l'allergie alimentaire, selon des études précliniques prometteuses.


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