Covid-19 : le défi de la vaccination

BioNTech va lancer un vaccin à ARNm contre le paludisme

Maxence GEVIN avec AFP
Publié le 27 juillet 2021 à 6h42
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Source : Thomas Lohnes / AFP

IMMUNITÉ - Après avoir développé avec Pfizer un vaccin pionnier contre le Covid-19, le laboratoire allemand BioNTech veut appliquer la technologie prometteuse de l'ARN messager au paludisme. Des essais pour un futur vaccin seront lancés dès l'an prochain.

Vers une utilisation de l'ARN messager contre le paludisme. Largement novateur dans la lutte contre le Covid-19, l'Allemand BioNTech a indiqué lundi vouloir appliquer la technologie prometteuse de l'ARN messager au paludisme en lançant l'an prochain des essais pour un vaccin. "BioNTech compte développer le premier vaccin à ARNm pour la prévention de la malaria" qui sera produit sur le continent africain, a annoncé l'entreprise dans un communiqué. "La probabilité de succès est grande", a ajouté Ugur Sahin, directeur et cofondateur de la firme.  

Pour ses tests,  lancés d'ici fin 2022, BioNtech va se concentrer sur l'Afrique et "d'autres régions où la malaria est répandue". Le programme est soutenu l'Organisation mondiale de la santé, l'Union européenne et le Centre de prévention et de contrôle des maladies de l'Union africaine (Africa CDC). Le laboratoire allemand va notamment pouvoir profiter de l'expérience acquise lors du développement du vaccin contre le Covid-19, en association avec le géant américain Pfizer. "Nous avons construit une très grande base de données sur la sécurité" du vaccin, avec plus d'un milliard de personnes ayant reçu une injection, a expliqué Ugur Sahin. Autre point positif, BioNTech a amélioré sa technologie de transport des vaccins à des températures supérieures aux -70 degrés celsius. Des extrêmes souvent présents dans la chaîne logistique.

400.000 morts tous les ans

Causé par un parasite transmis par les moustiques, le paludisme reste une maladie infectieuse redoutable, particulièrement en Afrique et chez les jeunes enfants. Environ 400.000 personnes y succombent chaque année. Pourtant, malgré sa létalité, aucun vaccin contre cette pathologie n'a encore été approuvé. "Depuis plusieurs décennies, les grands développeurs de vaccins ont petit à petit abandonné" la recherche sur le sujet, a d'ailleurs déploré le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence conjointe avec BioNTech ce lundi.

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Au total, BioNTech travaille sur des vaccins contre neuf maladies infectieuses et planche sur 15 programmes de traitement du cancer, avec des résultats attendus dans les prochaines années. Un essai clinique pour un vaccin contre la tuberculose est aussi planifié pour 2022.


Maxence GEVIN avec AFP

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