Bronchiolite : les urgences pédiatriques saturées

Bronchiolite, conditions de travail... les Urgences pédiatriques saturent et sonnent l'alarme

V. Fauroux | Reportage vidéo : Esther Lefebvre et Agathe Fourcade
Publié le 22 octobre 2022 à 18h12
JT Perso

Source : JT 13h WE

Entre le manque d'effectifs et l'épidémie de bronchiolite, les Urgences pédiatriques sont à bout de souffle.
Résultat, plus de 4.000 soignants ont adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron.
Ils dénoncent la saturation de leurs services et une prise en charge inadaptée.

"La dégradation criante des soins apportés aux enfants les met quotidiennement en danger". Isabelle Desguerre, cheffe du service de neuropédiatrie à l’hôpital Necker à Paris, lance un cri d'alarme et aimerait bien être entendue. Avec elle, plus de 4.000 soignants ont adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour dénoncer la saturation des services pédiatriques hospitaliers. 

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L'épidémie de bronchiolite qui sévit actuellement n'arrange rien : l'hôpital Necker, en sous-effectif comme tant d'autres, est déjà surchargé. "La réalité, c'est qu'en gros, il y a à peu près 15% des lits qui sont fermés en pédiatrie sur un site comme Necker et nous ne pouvons pas accueillir des urgences. On commence parfois la garde à 18 h avec zéro lit possible dans l'hôpital", explique Isabelle Desguerre dans le reportage du JT de 13H en tête de cet article. 

Les soignants se disent donc contraints d'hospitaliser des enfants dans des services d'adultes, de reporter des opérations programmées, et parfois même de transférer des patients dans des villes distantes de "plusieurs centaines de kilomètres" de chez eux. Ainsi, une quinzaine de petits Parisiens ont été envoyés à Amiens (Somme), Reims (Marne), Rouen (Seine-Maritime) ou encore à Orléans (Loiret). Dans leur courrier, les pédiatres pointent surtout des difficultés désormais structurelles, fruit selon eux d'une "inaction politique irresponsable".

Le gouvernement mise sur "la solidarité" entre hôpitaux

"Il y a un problème et nous le savons", a réagi ce samedi la ministre déléguée de la Santé, Agnès Firmin Le Bodo. "Nous comptons sur la solidarité entre les hôpitaux, sur la solidarité avec la médecine de ville et travaillons à l'ouverture plus prolongée le soir des maisons médicales de garde", a-t-elle affirmé sur Franceinfo précisant apporter le "soutien" du gouvernement aux soignants. De son côté, le ministre de la Santé, François Braun a indiqué sur Twitter suivre la situation de "très près" et demande aux parents d'appeler le 15 avant de se déplacer à l'hôpital. Selon une source gouvernementale à TF1/LCI, "une enveloppe de 150 millions d'euros, dirigés en priorité vers les services hospitaliers les plus en difficulté, va être débloquée".

En parallèle des urgences, les soins se dégradent aussi pour les enfants atteints de maladies chroniques comme le diabète. Ce qui inquiète Marc Hanauer, président de l'association "Ent'red Paris" (Réseau enfance diabète), signataire de la tribune : "Les familles vont attendre des semaines, des mois avant d'avoir la possibilité d'accéder à la mise en place de pompes à insuline. Ça veut dire des hospitalisations de jour qui sont normalement annuelles, et qui vont être éventuellement repoussées".

Ces professionnels de santé estiment qu'"il est urgent de pouvoir rouvrir des lits dans les services de pédiatrie, en arrêtant la fuite des soignants, et en recrutant des jeunes passionnés". Selon eux, au-delà de l'hôpital, la situation des pédiatres exerçant en cabinet est tout aussi préoccupante. 


V. Fauroux | Reportage vidéo : Esther Lefebvre et Agathe Fourcade

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