Bronchiolite : l'épidémie mieux maitrisée cet hiver, les effets du Beyfortus déjà salués

par Audrey LE GUELLEC avec AFP
Publié le 1 mars 2024 à 16h54

Source : JT 20h WE

La bronchiolite a entraîné cette saison une épidémie moins lourde qu'un an plus tôt.
Les autorités sanitaires saluent des "signaux positifs" sur l'efficacité du Beyfortus.
S'il est trop tôt pour mesurer précisément l'impact du traitement préventif en France, deux études menées chez nos voisins corroborent l'impact positif pour éviter l'hospitalisation.

Le Beyfortus a-t-il permis d'échapper cette année à une triple épidémie comme celle qui a marqué la fin d'année 2022 ? Si l'hiver n'est pas terminé, et qu'il est encore trop tôt pour mesurer précisément l'impact de ce traitement préventif en France, un premier bilan rendu public ce mardi 27 février conclut à une saison moins agitée sur le front du Covid, de la grippe, et de la bronchiolite. Ces trois infections respiratoires aiguës ont entraîné cette saison des épidémies moins lourdes qu'un an plus tôt, ont ainsi jugé mardi les autorités sanitaires, n'hésitant pas à saluer des "signaux positifs" sur l'efficacité de l'anticorps monoclonal contre le virus respiratoire syncytial (VRS), cause la plus fréquente de bronchiolite chez les bébés.

Après une saison 2022-2023 "épouvantable", l'épidémie de bronchiolite est ainsi apparue "différente", touchant "beaucoup moins de bébés de moins de 3 mois", a indiqué le directeur général de la Santé Grégory Emery lors d'un premier bilan avec des responsables de Santé publique France et de l'Assurance maladie notamment.

"Saturation de la pédiatrie moins généralisée et prolongée"

Ce dernier a également évoqué "une saturation des urgences et de la pédiatrie observée ponctuellement mais beaucoup moins généralisée et prolongée que l'année dernière". 

"S'il est trop tôt pour mesurer précisément l'impact du Beyfortus sur l'épidémie et les hospitalisations", a souligné Grégory Emery, plusieurs résultats préliminaires semblent "positifs" et différentes évaluations sont en cours, selon Laëtitia Huart, directrice scientifique de Santé publique France, et la Pr Christelle Gras-Le Guen, qui accompagne la campagne gouvernementale sur ce traitement anti-bronchiolite, également présentes lors de la conférence de presse. La Haute autorité de santé donnera une évaluation en juin sur le service médical rendu du Beyfortus, a précisé Grégory Emery.

"On a quand même l'impression que les petits sont beaucoup moins atteints au cours des premières semaines de vie, ce qui serait compréhensible car ce sont ceux qui ont été traités en priorité" au Beyfortus depuis septembre, nous expliquait déjà mi-décembre le Dr Andreas Werner, président de l'Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA), évoquant "un sentiment général", par rapport à la saison dernière. "C'est moins la catastrophe" qu'un an plus tôt, estimait alors ce dernier évoquant "moins d'enfants avec des formes graves".

Deux études "en vie réelle" encourageantes

Début février, une étude revenant sur une campagne d'immunisation réalisée depuis plusieurs mois en Espagne et publiée dans la revue Eurosurveillance, avait conclu à l'efficacité du traitement préventif développé par Sanofi et AstraZeneca. "Ces premières données en vie réelle appuient l'idée que le nirsevimab", molécule du Beyfortus, "protège les bébés contre des hospitalisations pour des infections respiratoires liées au virus respiratoire syncytial (VRS)", concluait cette dernière. Plus en détails, les chercheurs estiment que le nirsevimab a évité "entre 70% et 84%" d'hospitalisations pour des infections respiratoires provoquées par le VRS. Ces conclusions, dans la lignée des résultats des essais cliniques du Beyfortus, allaient également dans le sens des résultats d'une précédente étude, de moindre ampleur, menée au Luxembourg. 

Pour rappel, quelque 250.000 nourrissons ont reçu ce traitement en France, l'un des quatre pays, comme les États-Unis ou l'Espagne, à y avoir recouru jusqu'alors. La Pr Christelle Gras-Le Guen, qui accompagne la campagne gouvernementale sur ce traitement anti-bronchiolite, a salué une "adhésion extraordinaire, de l'ordre de 85% d'acceptation des familles" et "dans un pays que l'on sait un peu vaccino-sceptique". Victime de son succès, cet anticorps monoclonal a été réservé aux maternités dans l'attente de nouveaux stocks. D'ores et déjà, les autorités sont en discussion avec Sanofi sur la commande de doses pour l'automne-hiver 2024-2025.


Audrey LE GUELLEC avec AFP

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