Cancers, diabète, maladie d'Alzheimer... 25 associations craignent un "démantèlement" de la prise en charge des soins

Publié le 4 mars 2024 à 20h59

Source : JT 13h Semaine

Vingt-cinq associations de malades chroniques ont fait part de leur inquiétude, lundi 4 mars, quant à la sauvegarde de l'actuel dispositif de prise en charge des affections longue durée (ALD).
Elles se sont dites préoccupées, après des déclarations gouvernementales, par le risque de "démantèlement" visant, selon elles, à "chercher l'argent dans les poches des patients".

Elles refusent les économies faites "dans les poches des patients". Vingt-cinq associations de malades chroniques s'inquiètent, lundi 4 mars, du risque de "démantèlement" de la prise en charge des affections longue durée (ALD). Une crainte qui a surgi depuis que le ministre délégué à la Santé, Frédéric Valletoux, a dit vouloir "réfléchir à la pertinence" de l'actuel dispositif de prise en charge des ALD, qui représente "deux tiers des remboursements" de l'Assurance maladie.

"Il n'est pas question de faire des économies sur les ALD. (...) Par contre, il est question de revoir la pertinence" et "l'architecture d'un système très ancien quand on sait le progrès médical" dans le traitement des pathologies, a-t-il indiqué, dimanche 3 mars, dans l'émission "Questions politiques" sur France Inter, franceinfo et Le Monde, évoquant une liste d'ALD qui "date des années 1980".

Les patients en ALD, c'est-à-dire atteints de pathologies chroniques inscrites sur une liste dédiée (cancer, diabète, insuffisance cardiaque, maladie d'Alzheimer...), bénéficient d'une prise en charge à 100% par la Sécurité sociale de leurs soins liés à cette maladie, dans la limite des plafonds prévus.

"Nous refusons d'être désignés à la vindicte populaire"

"L'ALD est l'un des mécanismes-clés de notre système de santé solidaire, qui permet à toutes les personnes nécessitant un traitement prolongé et particulièrement coûteux d'accéder aux soins", rappellent dans une lettre ouverte, 25 associations de malades dont RoseUp (cancer), Renaloo (maladies rénales), ou l'Association française des hémophiles. "Nous ne pouvons assister à la menace de démantèlement de cet édifice sans réagir."

"Nous refusons d'être désignés à la vindicte populaire comme responsables des déficits du système de santé, de nous excuser d'être de plus en plus nombreux", écrivent-elles au ministre délégué à la Santé. "Ce n'est pas dans les poches des patients (...) qu'il faut chercher cet argent."

Les mesures visant à augmenter le reste à charge des patients "se multiplient", comme le doublement des franchises médicales, fustigent-elles, regrettant un "discours ambiant" qui "laisse à penser que certains patients abusent du système avec l'aide de médecins complaisants".

Pourtant, le reste à charge moyen en ALD "est pratiquement deux fois plus élevé que celui du reste de la population", soulignent-elles, et les malades chroniques doivent "fréquemment arrêter ou réduire leur activité professionnelle", tout comme certains proches-aidants, plongeant certaines familles dans la précarité.


La rédaction de TF1info

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