Covid-19 : risque accru de caillots sanguins graves jusqu'à six mois après une infection

Y.R.
Publié le 7 avril 2022 à 8h15

Source : JT 13h Semaine

Une étude suédoise révèle, mercredi 6 avril, que le Covid augmente le risque de saignements, de thrombose veineuse profonde, d'embolie pulmonaire et de saignement dans les mois suivant une contamination.
Ce danger, plus marqué au cours de la première vague, peut survenir jusqu'à six mois après une infection.

On savait déjà qu'il y avait, avec le Covid-19, un risque accru de développer une thrombose veineuse. Fin 2021, des travaux de l'université sud-africaine de Stellenbosch ont suggéré que les personnes infectées présenteraient des caillots sanguins anormaux. La présence élevée de diverses molécules inflammatoires expliqueraient, selon les chercheurs, la persistance des symptômes de la maladie (fatigue chronique, douleurs articulaires et thoraciques, difficultés respiratoires...), couramment baptisée "Covid long". Ce dont on avait moins idée, en revanche, c'était la durée pendant laquelle ce risque était accru.

Une étude suédoise, publiée dans le British Medical Journal (BMJ), mercredi 6 avril, montre que le SARS-CoV2 augmente le danger de développer des caillots graves, quasiment insolubles dans le sang, plusieurs mois après une infection. Les chercheurs révèlent un risque accru d'un événement hémorragique jusqu'à deux mois après avoir été malade, de thrombose veineuse profonde (un caillot sanguin dans la jambe) jusqu'à trois mois après et d'embolie pulmonaire (un caillot sanguin dans les poumons) jusqu'à six mois après. Ce risque, plus marqué pendant la première vague pandémique par rapport au deuxième et troisième vagues, est plus élevé chez les patients atteints de comorbidités et ceux atteints d'un Covid-19 sévère.

Un enjeu de santé publique

Pour en arriver à ces résultats, les chercheurs ont identifié, à l'aide de registres nationaux, plus d'un million de personnes en Suède ayant été infectées par le Covid, entre le 1er février 2020 et le 25 mai 2021, appariées par âge, sexe et lieu de résidence à plus de quatre millions de personnes qui n'avaient pas eu de résultat positif au Covid. Ils ont ensuite effectué deux analyses : l'une pour estimer les taux de thrombose veineuse profonde, d'embolie pulmonaire et de saignement chez les personnes ayant eu le Covid-19 pendant une période de contrôle, comparés ensuite aux taux de différents intervalles de temps ; l'autre pour calculer ces mêmes taux pendant une période de 1 à 30 jours après le diagnostic, comparés avec un groupe témoin.

Selon les scientifiques suédois, les risques accrus observés pendant la première vague par rapport aux deux suivantes pourraient s'expliquer par les améliorations ultérieures des traitements et de la couverture vaccinale chez les patients plus âgés. Les résultats de cette étude observationnelle justifient, selon eux, la prise de mesures visant à prévenir les événements thrombotiques (comme l'administration de traitements qui préviennent la formation d'un caillot dans les vaisseaux sanguins), en particulier pour les patients à haut risque, et renforcent l'importance de la vaccination contre le Covid-19. 


Y.R.

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