La France fait-elle les bons choix face au virus ?

Covid-19 à l'école : "Continuer à exposer les enfants, c'est la folie", peste la virologue Christine Rouzioux

Y.R
Publié le 29 mars 2021 à 9h58, mis à jour le 2 avril 2021 à 12h15
JT Perso

Source : TF1 Info

INTERVIEW - Invitée de LCI ce lundi 29 mars, Christine Rouzioux, professeure émérite de virologie et membre de l'Académie de médecine, est revenue sur l'inquiétude maximale autour des écoles, où le nombre de cas explose.

"La question des écoles est très complexe et assez difficile." À l'heure où le protocole sanitaire dans les écoles va être durci avec, dans les départements confinés, la fermeture de classes dès le premier cas positif, la très sensible question de leur maintien refait surface. Faut-il, comme en mars 2020, les fermer pour casser la courbe de l'épidémie ? Le dernier bulletin de l'Éducation nationale, daté du vendredi 26 mars, montre une circulation exponentielle du virus en milieu scolaire. En sept jours, le nombre d'élèves contaminés a de nouveau bondi de 15.000 à plus de 21.000 sur un total de 12.400.000 étudiants, soit un taux de 0,17% (contre 0,13% la semaine précédente). En 24 heures, 4025 nouveaux cas ont été enregistrées chez les enfants scolarisés.

"On aurait pu au moins avancer les vacances scolaires", a regretté la professeure émérite de virologie Christine Rouzioux, invitée de LCI ce lundi 29 mars. Une proposition formulée notamment par Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, mais laissée en jachère. "Il fallait avancer les vacances, même si c'était un peu galère pour certains parents, laisser ces 15 jours passer et voir si les choses pouvaient un peu diminuer. Il faut plus de 15 jours pour voir un impact, mais au moins on aurait eu un impact dans les écoles. Là, on bataille à compter les positifs", a déploré la membre de l'Académie de médecine (ANM).

Si on veut garder l'école, il faut vacciner les personnes exposées

Christine Rouzioux, professeure émérite de virologie

Face à "une épidémie hors de contrôle", une situation qu'elle juge "inquiétante", voire "critique dans les hôpitaux", la question du rôle des écoles dans la circulation du virus se révèle prédominante. "Les enfants font les chaines de contaminations vers leurs parents", a affirmé la présidente de l'association Arcat, qui lutte contre le VIH, les hépatites et les discriminations. "C'est impossible de demander à des parents de se confiner quand un enfant est infecté. On voit bien où se produisent les chaînes de contaminations", a-t-elle poursuivi. "Continuer à exposer les enfants, au niveau où on est actuellement, c'est de la folie."

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Avec la souche initiale du Covid, les collégiens et lycéens étaient les plus à même d'être infectés. Les plus petits étaient relativement épargnés. Toutefois, avec les mutations, la dynamique du virus a évolué. "Avec les variants, on observe un taux d'infection des petits qui est non négligeable, y compris en classe élémentaire. Le nombre de classes élémentaires (touchées) le montre bien, les cas contacts sont nombreux maintenant", a indiqué la Pr. Christine Rouzioux. "La question de la vaccination des enseignants est, pour moi, extrêmement importante. Si on veut garder l'école, il faut vacciner les personnes exposées."

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