Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Coronavirus : vers une pénurie de réactifs pour les tests ?

Maxence GEVIN
Publié le 28 août 2020 à 15h35
Échantillons dans des tubes à essai pour des tests de dépistage du coronavirus à Saint-Nic (ouest de la France). Le nombre de cas confirmés de Covid-19 augmente de nouveau en France.

Échantillons dans des tubes à essai pour des tests de dépistage du coronavirus à Saint-Nic (ouest de la France). Le nombre de cas confirmés de Covid-19 augmente de nouveau en France.

Source : Fred TANNEAU / AFP

PÉNURIE - Alors que la progression de l'épidémie est exponentielle en France et que le nombre de personnes dépistées ne cesse d'augmenter, les laboratoires se retrouvent progressivement en difficulté. De nombreux établissements manquent déjà de réactifs, se retrouvant parfois en incapacité de réaliser ces tests.

Objectif 1 million de tests en septembre. Selon Olivier Véran, la capacité française de dépistage au coronavirus, ayant largement décuplé ces dernières semaines, va encore augmenter. En moins d'un mois, elle a triplé pour atteindre désormais 850 000 tests hebdomadaires. Seulement, cette brusque accélération pose un certain nombre de problèmes logistiques dont celui du manque de réactifs. Une carence déjà observée en mars dernier

La France a, en très peu de temps, largement rehaussé son potentiel de dépistage dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. A tel point que le pays est "passé d'une extrémité à l'autre" trop rapidement, selon le biologiste Lionel Barrand, contacté par LCI. Face à ce pic, les stocks de réactifs se retrouvent en "flux tendu" : "Il y a même de nombreuses pénuries, explique le Président du Syndicat des jeunes biologistes médicaux. Les fournisseurs peinent à suivre. De nombreuses livraisons arrivent en retard ou incomplètes." 

"Les ressources ne sont pas bien utilisées"

Le phénomène, initialement circonscrit à l'Île de France et à la Mayenne, s'étend progressivement sur d'autres territoires. Le scientifique considère ainsi que "de plus en plus de régions se retrouvent en difficulté", le personnel des laboratoires se révèle aussi "sous tension" et les gants "commencent parfois à manquer".

Conséquence directe de ces carences, les délais pour se faire tester s'allongent. Le ministre de la Santé évoquait des résultats reçus sous 24 heures dans la majorité des cas. Une vérité qui tend à s'effriter. Lionel Barrand précise que "le manque de réactifs couplé à l'afflux de plus en plus important de personnes voulant se faire tester augmente les délais de prise en charge mais aussi d'attente des résultats"

Il soutient par ailleurs que les "ressources ne sont pas bien utilisées" : "Il faut en allouer davantage aux personnes qui en ont vraiment besoin (symptômes, fragiles, cas contacts…), note-t-il. Beaucoup de personnes ayant un véritable besoin de se faire dépister ne le sont pas ou pas suffisamment rapidement aujourd'hui".

"Arrêter les campagnes de dépistage massif sans considérations ciblées"

Aussi, comment résoudre cette pénurie de réactifs générant un ralentissement généralisé de la chaîne de dépistage ? Plusieurs solutions peuvent être envisagées. Le biologiste révèle qu'il "multiplie les grosses commandes auprès de fournisseurs diversifiés"  même si ces derniers peinent à suivre la cadence face à une concurrence mondiale féroce. Il préconise alors de "prioriser les demandes, pour ceux qui en ont vraiment besoin", demandant d'"arrêter les campagnes de dépistage massif sans considérations ciblées". 

Le scientifique, inquiet de l'arrivée progressive des maladies d'hiver, se montre par ailleurs favorable à une "campagne de vaccination massive contre la grippe". 

Reste, selon lui, que "si le gouvernement veut encore augmenter les capacités de test, il faut qu'il nous assure un approvisionnement à la hauteur de ses ambitions"


Maxence GEVIN

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