La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

Covid-19 : le bilan mondial des décès trois fois plus élevé que les chiffres officiels, selon une étude

Léa COUPAU avec AFP
Publié le 11 mars 2022 à 11h34
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

En calculant la surmortalité dans 191 pays, une vaste équipe de chercheurs estime que 18,2 millions de personnes sont décédées du SARS-CoV-2 entre début 2020 et fin 2021.
Le chiffre officiel, établi par l'OMS, compte 5,94 millions de morts pour la même période.

La pandémie de Covid-19 aurait provoqué 18,2 millions de morts dans le monde entre début 2020 et fin 2021, selon une étude publiée ce vendredi 11 mars dans la revue The Lancet. Soit plus du triple du bilan officiel, établi aujourd'hui à moins de 6 millions (5,94 millions). 

"Les statistiques officielles sur les décès du Covid-19 ne donnent qu'une image partielle du véritable bilan de la mortalité" liée à la pandémie dans le monde, observent les auteurs de l'étude. Le virus est potentiellement l’une des principales causes de mortalité en 2020 et 2021, selon eux.

Si le chiffre officiel compte 5,94 millions de morts dans le monde entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2021, divers travaux l'ont jugé fortement sous-estimé et ont tenté de mieux évaluer le bilan global de la pandémie. En se fondant sur l'excès de mortalité et sur la statistique, les auteurs de l'étude ont établi que le Covid-19 avait tué entre 17,1 à 19,6 millions de personnes pour la période. L’excès de mortalité correspond à l’écart entre le nombre de personnes décédées, quelle que soit la cause de leur mort, et le nombre de morts attendues, à partir des données passées.

"Sur les 12,3 millions de morts supplémentaires, comparé aux décès de Covid-19 comptabilisés, une part substantielle se révèlera probablement due à un sous-diagnostic des infections par le SRAS-CoV-2", considèrent les chercheurs. En cause, tout d'abord, les "retards dans la déclaration" de décès. Aux États-Unis, "il faut par exemple environ 20 semaines pour que les données soient presque complètes", expliquent-ils.

Autre biais justifiant cette sous-estimation : la non-notification, "en particulier chez les pays à plus faibles revenus". "Six pays ont été corrigés parce que les estimations suggéraient que l'enregistrement était inférieur à 95 % pour l'année civile 2019", ajoute l'étude. Outre le volet statistique, les auteurs pointent également "le manque d'accès aux soins" qui accentuerait la surmortalité.

Record de surmortalité en Russie

Dans le détail, et par régions du monde, les pays andins de l'Amérique latine, l'Europe orientale et centrale, le sud de l'Afrique subsaharienne montraient les plus forts de taux de surmortalité sur 2020-2021, selon l'étude. Au Brésil, par exemple, les chercheurs estiment le nombre de morts entre 730.000 et 847.000, contre les 619.000 déclarés par le pays. Mais c'est la Russie qui détient le record de surmortalité : 419.000 décès manqueraient dans les comptes.

À l'inverse, dans des pays comme l'Australie ou la Nouvelle-Zélande, la surmortalité apparaissait inférieure au niveau habituel. Avec 122.000 morts déclarés, la France, elle, n'est pas (si) loin du nombre total évalué par les chercheurs (155.000).

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Les auteurs reconnaissent toutefois certaines limites à leur étude et jugent nécessaires d'autres travaux sur le sujet, comme celles de The Economist. Mi-novembre, l'hebdomadaire britannique avait évalué le bilan global de la pandémie à 17 millions de morts dans le monde, en se fondant notamment sur la base de données de deux chercheurs.

L'Organisation mondiale de la santé a jusqu'alors estimé, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé que le chiffre officiel.


Léa COUPAU avec AFP

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