La France fait-elle les bons choix face au virus ?

Pour l'infectiologue Odile Launay, "l'objectif serait d'avoir vacciné 10 millions de personnes au printemps"

Y.R
Publié le 4 janvier 2021 à 10h12, mis à jour le 4 janvier 2021 à 17h20
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Source : TF1 Info

INTERVIEW - Invitée de LCI ce lundi 4 janvier, Odile Launay, infectiologue et membre du comité vaccin Covid-19, revient sur le retard à l'allumage de la campagne de vaccination.

"Les choses vont s'accélérer." Critiquée en raison de retards constatés, l'organisation de la campagne de vaccination en France a été revue afin de doper le processus. Dès ce lundi 4 janvier, "les soignants de 50 ans et plus, qui le souhaitent, pourront se faire vacciner dans les centres disposant déjà de vaccins", avait annoncé le 31 décembre le ministre de la Santé Olivier Véran. Une disposition prise avec un mois d'avance sur le calendrier initial. Face à l'urgence de la situation, des médecins et des soignants, désireux de se protéger et de montrer l'exemple, ont d'ailleurs commencé à se faire vacciner le week-end dernier.

"Il faut rester souple. La stratégie s'adapte. C'est une situation qui est totalement nouvelle", a affirmé le Pr. Odile Launay, infectiologue, coordinatrice du centre de vaccinologie Cochin-Pasteur et membre du comité vaccin Covid-19, invitée de LCI ce lundi 4 janvier. "On n'a jamais eu de vaccins congelés", avec "un nombre de doses limité". "Aujourd'hui, on voit que dans les Ehpad ce n'est pas facile de mettre en place la vaccination", a-t-elle ajouté, évoquant notamment "la difficulté de mise en route d'obtention de l'accord des personnes de confiance", qui ont "des doutes sur l'intérêt et les risques de ces vaccins."

Je ne pense pas qu'il faille juger cette campagne de vaccination sur ses premiers jours

Odile Launay, infectiologue

Un retard à l'allumage avec lequel il ne faut donc "pas être trop critique", selon Odile Launay. "On ne s'attendait pas à avoir un vaccin aussi rapidement. Ce qui avait été prévu, c'est qu'on puisse démarrer début janvier. On est aujourd'hui le 4 janvier. Je crois que la semaine qui vient de passer est une semaine de mise en route du processus", a-t-elle estimé à propos de ces tergiversations. "Je ne pense pas qu'il faille juger cette campagne de vaccination sur ses premiers jours, entre Noël et le Jour de l'An."

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"D'un caractère optimiste", l'infectiologue juge qu'il ne faut "rien lâcher" pour "permettre que cette vaccination démarre". "L'objectif serait d'avoir vacciné 10 millions de personnes au printemps", a-t-elle indiqué. "Si on se met en marche et qu'on se donne les moyens de mettre en place, dans un premier temps, des centres de vaccination, tant qu'on a que ces vaccins congelés. Dans un deuxième temps, quand on aura des vaccins plus faciles à conserver et qui pourront être soit disponible en pharmacie ou chez les médecins généralistes, évidemment ça sera beaucoup plus facile de vacciner plus de personnes."


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