Covid-19 : le défi de la vaccination

"Cela ne va pas le faire" : pessimisme sur l'efficacité des vaccins anti-Covid existants face à Omicron

Audrey LE GUELLEC
Publié le 30 novembre 2021 à 18h04
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Source : JT 20h Semaine

MAUVAIS PRESAGE - Il y aura une "baisse significative" de l'efficacité des vaccins actuels face à Omicron et il faudra plusieurs mois pour en élaborer un nouveau, estime le dirigeant de Moderna, dans un entretien au Financial Times.

"Tous les scientifiques à qui j'ai parlé disent : 'cela ne va pas le faire'." Dans un entretien au Financial Times, le patron du laboratoire pharmaceutique Moderna a affiché ce mardi un pessimisme sur l'efficacité des vaccins existants contre le variant Omicron du coronavirus.

Il y aura une "baisse significative" de l'efficacité des vaccins actuels face à Omicron, estime Stéphane Bancel auprès du quotidien britannique sans être toutefois encore en mesure de la quantifier faute de données précises, qui devraient être disponibles au cours des deux prochaines semaines. 

Un nouveau vaccin pour combattre Omicron

"J'ai plutôt envie de penser, mais je suis obligé d'être prudent, que la vaccination telle qu'elle a été faite est de nature à protéger au moins partiellement (...) jusqu'à quel point je n'en sais rien", avait estimé de son côté le Président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale anti Covid-19, Alain Fischer, ce lundi sur LCI. 

"Au pire du pire du pire resterait l'option de développer de nouveaux vaccins qui n'utilisent non plus la protéine spike du 'virus d'origine Wuhan' mais de la remplacer par la spike du virus Omicron", a-t-il poursuivi,  estimant que "ca peut aller très vite".

Stéphane Bancel s'est lui voulu plus nuancé concernant la mise en place d'une production à grande échelle de ce nouveau vaccin qui pourrait prendre "plusieurs mois".

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Divers fabricants, dont Moderna, AstraZeneca, Pfizer/BioNTech et Novavax ont en effet annoncé commencer à travailler sur cette hypothèse, se disant confiants dans leur capacité à combattre Omicron en créant un nouveau vaccin. La Russie a, elle, annoncé travailler sur une version de son "Spoutnik V" ciblant spécifiquement Omicron, dans le "cas improbable" où le sérum actuel ne suffirait pas. Le cas échéant, le pays serait prêt à "fournir des centaines de millions de doses de rappel contre le variant Omicron pour le marché international d'ici le 20 février", a indiqué le Fonds souverain russe.

"S'il devait être nécessaire de changer les vaccins existants, nous pourrions être en mesure de les faire approuver dans les trois à quatre mois", à partir du moment où les fabricants "commenceraient à modifier" leurs sérums, a déclaré Emer Cooke, la directrice de l'Agence européenne des médicaments (EMA), devant une commission du Parlement européen. La décision de savoir si de nouvelles injections seraient nécessaires devrait cependant être prise par d'autres organismes, a-t-elle précisé.

"C'est bien d'entamer cette démarche quitte à l'arrêter si elle n'est pas nécessaire", avait estimé lundi le Pr Alain Fischer, rappelant que ces société avaient déjà procédé de cette façon "pour les précédents variants Delta et Gamma" mais "il n'y a pas eu besoin d'aller beaucoup plus loin et tant mieux".


Audrey LE GUELLEC

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