HÔPITAL - Alors que le pic de l'épidémie est attendu dans les prochains jours dans la région Grand Est, la directrice générale du CHR Metz-Thionville (Lorraine) lance un appel à l'aide pour libérer des lits supplémentaires.
A Metz, alors qu’un médecin hospitalier atteint du coronavirus (Covid-19) est décédé, les services de réanimation sont au bord de l’implosion. Une situation devenue intenable selon la directrice de l’établissement, Marie-Odile Saillard, qui lance un appel de détresse : "Nous sommes au bord de la catastrophe, j’appelle à l’aide", clame-t-elle, demandant le transfert en urgence des malades vers d’autres régions ou d’autres pays.
Selon la directrice générale du CHR Metz-Thionville, "douze transferts sont nécessaires par jour" pour espérer voir la situation s’améliorer. Or, avec seulement quatre lits disponibles sur 170, il sera difficile de juguler l’afflux de malades aux urgences, souligne-t-elle. "Cela fait dix jours que nous alertons les autorités (...) Je pense que dans 24 heures, nous ne pourrons plus prendre en charge certains patients", alerte-t-elle.
Nous savons qu’il y a encore des places dans le sud et dans l’ouest de la France, nos collègues sont prêts à les accueillir.
Marie-Odile Saillard, directrice du CHR de Metz
SI Marie-Odile Saillard salue les élans de solidarité entre hôpitaux public et privé, elle déplore l'absence de stratégie globale pour faire face à cette catastrophe sanitaire. "Nous savons qu’il y a encore des places dans le sud et dans l’ouest de la France et nos collègues sont prêts à les accueillir. Il faut nous aider à transférer les malades", soutient la directrice générale du CHR Metz-Thionville. "Le jour où la vague atteindra ces régions-là, nous devrons reprendre leurs patients, dans le même esprit", complète-t-elle.
Tous les centres hospitaliers du Grand Est sont au bord de la rupture. En effet, 844 personnes sont en réanimation, alors que la capacité est de 900 lits. Dans le cadre d'accords conclus avec l'Allemagne, la Suisse et le Luxembourg, quelques 100 patients du Grand Est ont pu être pris en charge dans ces trois pays. Ces transferts s'ajoutent aux trains sanitaires, les TGV médicalisés, qui ont transporté 36 patients vers des hôpitaux de Nouvelle-Aquitaine, rapporte France 3 Grand Est.
Déjà plus de 800 morts dans le Grand Est
L’Agence nationale de santé publique (ANSP) a publié lundi 30 mars un nouveau bilan de l'épidémie de coronavirus (Covid-19) dans la région Grand Est : il fait état de 3.950 personnes hospitalisées, dont 844 en réanimation. Le week-end dernier, la barre des 800 morts a été franchie ! Le pic de l'épidémie, quant à lui, est attendu dans les prochains jours.
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