La France face à une 3e vague d'ampleur

Couvre-feu : "Nous ne verrons l’efficacité de cette mesure que dans trois semaines", prévient le Pr Pialoux

Idèr Nabili
Publié le 14 octobre 2020 à 10h32
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Source : TF1 Info

L’INTERVIEW POLITIQUE – Invité d’Elizabeth Martichoux ce mercredi, le chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon (Paris) s’est montré favorable à l’instauration d’un couvre-feu pour freiner la progression de l’épidémie. "Nous avons besoin de mesures drastiques pour limiter la pression sur les réanimations", affirme-t-il.

Comment lutter contre la progression de l’épidémie qui risque de saturer les services hospitaliers sans reconfiner le pays ? C’est la difficile équation à laquelle va tenter de répondre ce mercredi soir le président de la République. Car dans plusieurs métropoles, comme en "Île-de-France ou dans les Hauts-de-France, nous sommes dans une situation extrêmement tendue", confirme ce mercredi le Pr Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon (Paris), invité d’Elizabeth Martichoux sur LCI. "En termes d’entrées en réanimation et de pression sur le système de santé, nous avons l’impression que nous allons dans le mur fin octobre."

En ce sens, l’instauration d’un couvre-feu est évoquée pour contrer la flambée de l’épidémie. "Ce mot" fait partie d’un vocabulaire "guerrier, mais il me va", poursuit le Pr Pialoux, car "même si nous ne sommes pas dans le même mouvement que lors de la première vague, nous avons le sentiment de mener une guerre à laquelle nous n’étions pas préparés". Toutefois, une telle mesure ne produirait aucun effet avant novembre, prévient-il déjà. "Nous ne verrons son efficacité que dans trois semaines minimum. Ce que montrent les courbes, c’est que nous n’arrivons pas à freiner la progression de l'épidémie. Nous avons donc besoin de mesures drastiques pour limiter la pression sur les réanimations, et permettre aux autres patients d’avoir accès au système de soin."

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Selon lui, un éventuel couvre-feu pourrait être la dernière étape avant des mesures encore plus contraignantes. "Un reconfinement général, je n’y ai jamais cru pour ce qu’il se passe actuellement, mais je ne connais pas la situation dans laquelle nous serons en décembre", explique-t-il. Cependant, le Pr Pialoux évoque plutôt "des confinements ciblés régionalement et en population", notamment pour les jeunes chez qui le virus circule beaucoup.

"La mortalité a été diminuée de manière considérable"

Il assure par ailleurs que la deuxième vague de l’épidémie pourrait durer longtemps. "Nous ne sommes pas prêts d’en finir avec le Covid, l’Organisation mondiale de la santé ne prévoit même pas de fin", rappelle-t-il. "Il va falloir vivre avec le virus, mais nous ne pouvons pas dire aux Français combien de temps. Lors de la première vague, il n’y avait que des affirmations, mais il faut cette fois accepter qu’il y ait des incertitudes."

Toutefois, dans cet océan de mauvaises nouvelles, l’auteur de "Nous n’étions pas prêts" s’est aussi montré optimiste. Nous mourrons "clairement" moins du Covid-19 aujourd’hui qu’en mars, indique-t-il, "nous avons beaucoup appris de la prise en charge des patients ayant des formes graves". "La mortalité a été diminuée de manière assez considérable, notamment grâce à la dexaméthasone et un parcours de soins accéléré."


Idèr Nabili

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