Covid-19 : 200 fois plus de risque de faire une thrombose en tombant malade qu'en raison du vaccin

Léa LUCAS avec AFP
Publié le 27 août 2021 à 20h18
Covid-19 : 200 fois plus de risque de faire une thrombose en tombant malade qu'en raison du vaccin
Source : LOIC VENANCE / AFP

RECHERCHES - D'après une étude britannique récente, s'il existe bien un "risque accru" de développer une thrombose (caillots sanguins) après s'être fait vacciner, celui-ci reste "beaucoup plus faible que celui associé à l'infection" par le Covid-19.

Alors qu'une vague de cas de thrombose a suscité de nombreuses craintes en mars dernier, des scientifiques se veulent rassurants. D'après leur étude*, la plus large menée à ce jour sur les effets secondaires liés au vaccin anti-Covid, le risque de développer des caillots sanguins serait beaucoup moins élevé après s'être fait vacciner qu'en attrapant la maladie. 

Les chercheurs ont en effet constaté qu'il existait un "risque accru" de développer cet effet secondaire après avoir reçu une injection de vaccin anti-Covid, mais que ce risque était "beaucoup plus faible que celui associé à l'infection par le SRAS-CoV-2". Selon eux, le risque de développer une thrombose veineuse (phlébite) est presque 200 fois plus élevé en attrapant le Covid (12.614 cas supplémentaires sur 10 millions) qu'en se faisant vacciner avec AstraZeneca (66 cas supplémentaires). 

La grande majorité des patients se portera parfaitement bien.
Julia Hippisley-Cox, professeure en épidémiologie à Oxford

Concernant les thromboses artérielles, aucun cas excédentaire n'a été constaté pour l'un des vaccins approuvés par l'Agence européenne du médicament (EMA), mais 5000 cas supplémentaires sur 10 millions de personnes ont été observés chez celles ayant eu le Covid.  Ainsi, les personnes atteintes par le virus risquent onze fois plus d'être sujettes à un accident vasculaire cérébral (1699 cas supplémentaires sur 10 millions de personnes) que celles vaccinées avec Pfizer (143 cas supplémentaires). 

"La grande majorité des patients se portera parfaitement bien avec ces vaccins", a ainsi déclaré à la BBC la chercheuse à la tête de l'étude Julia Hippisley-Cox, affirmant qu'il fallait "replacer dans leur contexte" les "très rares cas" de caillots sanguins. 

La professeure en épidémiologie à Oxford a souligné que ce risque accru de développer des caillots était concentré sur des périodes plus "spécifiques et courtes" avec les vaccins ("15 à 21 jours après l'administration" de Pfizer pour les AVC, "8 à 14 jours pour la thrombocytopénie avec AstraZeneca") qu'après avoir attrapé le Covid-19, où le risque se prolonge "sur 28 jours après l'infection". 

Cette étude intervient alors que de nombreux pays - dont le Royaume-Uni - ont décidé de réserver le vaccin AstraZeneca à une population plus âgée, en raison de craintes persistantes liées à la formation de caillots. Le service de santé anglais (PHE) estime que les vaccins ont permis d'éviter plus de 100.000 décès au Royaume-Uni, où la pandémie a fait 132.000 morts. 

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*L'étude britannique, publiée dans le British Medical Journal (BMJ) ce vendredi, a comparé les données médicales de 29 millions de personnes ayant reçu leur première dose de Pfizer-BioNtech ou d'Oxford-AstraZeneca entre décembre 2020 et avril 2021 avec celles de presque 2 millions de personnes testées positives au coronavirus. 


Léa LUCAS avec AFP

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