CRISE SANITAIRE - Huit services de CHU de Pointe-à-Pitre ont été fermés pour accueillir des lits de réanimation. De nouveaux transferts de malades en direction de la France ont lieu ce mercredi soir pour tenter de soulager l'hôpital.

Au CHU de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, 40% des lits sont désormais occupés par des patients Covid et la morgue est saturée, selon la direction de l'hôpital. L'île connait depuis plusieurs semaines une flambée épidémique sans précédent avec un taux d'incidence de 2614 pour 100.000 habitants. 

"40% des lits sont occupés par des patients Covid", indique Gérard Cotellon, le directeur général du CHU à l'AFP. "149 de nos lits de médecine sont dédiés à des patients Covid. Seulement 5 sont encore vides", ajoute-t-il. Les urgences enregistrent jusqu'à 80 passages par jour, pour le Covid uniquement.

"Tout le monde fait du Covid, même ceux dont la spécialité est loin de ce type de pathologie"
Gérald Cotellon

Huit services ont été fermés pour accueillir des lits de réanimation. Et cela s'annonce insuffisant, constate Gérard Cotellon. Pour soulager l'unité Covid du CHU de Pointe-à-Pitre, "tout le monde fait du Covid, même ceux dont la spécialité est loin de ce type de pathologie", explique Gérard Cotellon.

Par exemple, le service pédiatrie doit accueillir des patients touchés par le virus. "Nous avons quelque 5 enfants hospitalisés et 5 ou 6 mamans", détaille la direction du CHU, qui indique être monté "jusqu'à 9 enfants" ces derniers jours. 

15 décès par jour au CHU de Pointe-à-Pitre

Dans l'hôpital guadeloupéen, comme quelques jours plus tôt en Martinique, la morgue sature également. "Nous avons 15 places plus une chapelle ardente réfrigérée qui peut accueillir une trentaine de corps", détaille Gérard Cotellon, sous le contrôle de la légiste du CHU Tania Foucan. 

"Les pompiers de Paris nous ouvrent 4 modules de 12 places", annonce-t-il et un conteneur réfrigéré vient d'être installé pour encaisser le rythme des décès, plus de 15 par jour juste au CHU, mais "cela ne compte pas les décès à domicile".  Selon les médias locaux, les services des pompes funèbres commencent aussi à être surchargés. 

Comme ce fut le cas samedi dernier, un avion doit évacuer mercredi soir vers l'Hexagone huit malades du Covid en détresse respiratoire, en raison de la saturation des lits. "C'est une stratégie que nous avons utilisé en métropole lors des autres vagues", a expliqué mercredi à la presse Lionel Lamhaut médecin urgentiste du Samu de Paris qui coordonne l'évacuation. La différence "c'est la distance et les contraintes aéronautiques que sont l'accès à l'électricité pour le matériel et l'oxygène embarqué".

Pour faire face à cette quatrième vague, de nouveaux renforts de soignants seront envoyés vendredi en Guadeloupe et en Martinique.


T.N

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