La France fait-elle les bons choix face au virus ?

Covid-19 : "À Noël, nous pourrons être entre 30.000 et 50.000 cas par jour", prévient Jean-Stéphane Dhersin

Idèr Nabili
Publié le 17 novembre 2021 à 11h08, mis à jour le 17 novembre 2021 à 14h48
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Source : TF1 Info

CRISE SANITAIRE - Selon le spécialiste en modélisation des épidémies, la cinquième vague de Covid-19 progresse "relativement vite" en France, mais pourrait être maîtrisée grâce à "la troisième dose" de vaccin et une "prise de conscience de la population".

La France à l'épreuve de la cinquième vague. Après un début d'automne relativement épargné par le Covid-19, le nombre de contaminations ne cesse d'augmenter dans le pays ces dernières semaines. Mardi 16 novembre, selon les données publiées par Santé publique France, 19.778 cas ont été enregistrés, un record depuis le 25 août.

Cette nouvelle vague, qui frappe déjà une grande partie de l'Europe, pourrait-elle être endiguée dans les prochaines semaines sans nouvelles mesures ? "L'évolution actuelle est très différente des deux précédentes vagues", analyse sur LCI Jean-Stéphane Dhersin, chercheur au CNRS et spécialiste en modélisation des épidémies (voir vidéo en tête de cet article). "À l'hiver 2020, il y avait l'arrivée du variant Alpha, puis le variant Delta au printemps 2021. Il y avait alors une envolée des cas en raison d'un virus plus virulent, qui avait un avantage par rapport à la souche précédente."

Mais cette fois, aucun variant plus contagieux n'a pris le dessus sur le Delta, toujours largement majoritaire en France. "La raison pour laquelle les cas remontent est multifactorielle", poursuit Jean-Stéphane Dhersin, qui évoque "la diminution possible des gestes barrières", "le refroidissement du temps donc la population se retrouve en intérieur", ou encore "l'érosion de l'efficacité vaccinale" plus de six mois après la dernière injection.

"Maîtriser l'épidémie en prenant les mesures les moins contraignantes possibles peut fonctionner"

Dès lors, difficile de savoir quand et à quel niveau la courbe des contaminations cessera de grimper. "Actuellement, nous sommes à un niveau bas, mais cela progresse relativement vite", estime Jean-Stéphane Dhersin. Selon CovidTracker, le taux de reproduction du virus (R) est pour le moment situé à 1,26. Lorsqu'il franchit la barre de 1, l'épidémie progresse, et inversement. "Si les curseurs restent réglés aux mêmes endroits, à Noël, nous pourrons être entre 30.000 et 50.000 cas" par jour, selon le spécialiste en modélisation.

Toutefois, selon lui, deux éléments pourraient permettre de limiter la hausse sans nouvelles mesures de restrictions, toujours écartées par le gouvernement. "Peut-être que ce qui a été fait jusqu'à maintenant, maîtriser l'épidémie en prenant les mesures les moins contraignantes possibles, va fonctionner", continue Jean-Stéphane Dhersin.

"Il y a une recrudescence de la troisième dose de vaccin chez les personnes concernées et une prise de conscience de la population", explique-t-il, alors que près de 100.000 Français reçoivent chaque jour leur dose de rappel, selon les données du ministère de la Santé. "Il est quasiment-certain que cela va permettre de diminuer le taux de reproduction. La question est de savoir si nous allons descendre en dessous de 1, mais nous ne pouvons pas le dire."


Idèr Nabili

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