Covid-19 : le défi de la vaccination

Contagiosité, efficacité des vaccins : le Conseil scientifique se penche sur le variant indien du Covid-19

CQ
Publié le 28 mai 2021 à 16h36
L'attente est parfois longue devant les laboratoires d'analyses médicales, alors que de plus de plus de Français se font tester au coronavirus.

L'attente est parfois longue devant les laboratoires d'analyses médicales, alors que de plus de plus de Français se font tester au coronavirus.

Source : Christophe ARCHAMBAULT / AFP

ÉPIDÉMIE - Plus transmissible, le variant dit indien semble ne pas échapper aux vaccins, indique le Conseil scientifique dans un nouvel avis. "46 épisodes impliquant au moins un cas" de cette souche étaient recensés au 25 mai en France.

Le variant détecté en Inde et se diffusant peu à peu sur le continent européen a-t-il des airs de déjà-vu ? S'il est trop tôt pour le dire, le Conseil scientifique estime que sa présence en France "sous forme de clusters en nombre limité (...) rappelle la situation dans laquelle nous étions avec le variant UK dès fin décembre 2020". 

Dans un nouvel avis remis lundi 24 mai au gouvernement et rendu public ce vendredi, l'organe fait le point sur ce que l'on sait de ce variant, dénommé B.1.617 par la communauté scientifique et désormais majoritaire au Royaume-Uni. 

Au moins 46 cas ou clusters détectés en France

À ce jour, le variant indien n'est pas isolé parmi les tests positifs séquencés dans les enquêtes Flash de Santé Publique France (SPF), visant à dresser une cartographie des variants en France. Ce que l'on sait en revanche, c'est que "46 épisodes impliquant au moins un cas de variant du lignage B.1.617 ont été rapportés" dans le pays au 25 mai, un nombre toutefois sous-estimé selon SPF. 

Le Conseil scientifique, lui, a des chiffres plus anciens dans son avis : il rapporte "37 cas ou clusters représentant 77 cas confirmés dans 9 régions différentes" au 18 mai et indique que la grande majorité de ces "épisodes" comportaient "un lien direct avec l'Inde (retour d'un séjour en Inde) ou indirects (contact avec une personne revenant d'Inde, ou épisode lié à une transmission sur un bateau avec des membres d'équipage indiens)". 

Plus contagieux mais sensible aux vaccins

Si la souche indienne a "un niveau de transmission élevé", elle ne présente pas de résistance aux vaccins contre le Covid. C'est ce que retient le Conseil scientifique, à partir des données scientifiques existantes jugées "rassurantes". Ainsi, le variant B.1.617.2 (l'un des trois lignages du variant indien étant le plus présent en France et en Europe) "ne présente pas de mutation en 484, particulièrement associée au phénomène d’échappement immunitaire"

Cette mutation E484Q, présente dans les variants d'origine brésilienne et sud-africaine, "est connue pour participer à l’échappement immunitaire partiel post-infectieux et post-vaccinal, et est responsable d’une résistance à certains anticorps monoclonaux". 

Ensuite, le niveau de contagiosité de cette souche n'est pas encore bien défini, explique le Conseil scientifique : "Cette augmentation de transmissibilité est rapportée par les Indiens et les Britanniques, la comparaison avec le niveau de transmission du variant UK est en cours. Le niveau exact d’augmentation fait encore l’objet de discussions". 

Au Royaume-Uni, le variant indien se propage à une allure rapide depuis les premiers cas constatés sur son sol, "en particulier dans la communauté d'origine indienne". 

Les mesures possibles à l'égard du Royaume-Uni

Le Conseil scientifique évalue le nombre d'arrivées quotidiennes à "10.000 personnes en provenance du Royaume-Uni" et anticipe "un risque d’environ 1 personne infectée par le variant B.1.617.2 arrivant sur le territoire français chaque jour". Et ce flux est destiné à "probablement augmenter dans les jours ou semaines qui viennent". 

Selon le Conseil scientifique, différentes mesures sont possibles pour limiter les contaminations au regard de ces allers et venues, allant de "la quarantaine stricte, reposant sur la responsabilité individuelle" au dépistage réalisé avant, pendant et après le voyage, une option considérée comme la plus "réaliste". 

C'est finalement la mesure la moins souple qui a été retenue par le gouvernement, qui va instaurer dès lundi 31 mai un isolement obligatoire de sept jours pour les voyageurs arrivant du Royaume-Uni.  Le "contrôle systématique à domicile ne leur sera pas appliqué", a cependant précisé le ministre des Affaires étrangères. 


CQ

Tout
TF1 Info