La France face à une 3e vague d'ampleur

Avec le confinement, les hospitalisations pour infarctus ont reculé de 30 % en France

Léa LUCAS
Publié le 22 septembre 2020 à 13h02
Avec le confinement, les hospitalisations pour infarctus ont reculé de 30 % en France

Source : iStock

SANTE - Selon une étude publiée dans la revue The Lancet Public Health ce mardi, les hospitalisations pour infarctus ont baissé de 30 % entre les quatre semaines précédant le confinement et les quatre semaines suivantes. En cause : la peur d'aller à l'hôpital mais aussi une baisse des efforts violents, du stress et de la pollution.

Près d'un tiers d'hospitalisations pour crises cardiaques en moins pendant le début du confinement. C'est le constat mis en lumière par une équipe de chercheuses et chercheurs français dont l'étude a été publiée dans la revue The Lancet Public Health ce mardi. Un groupe de 21 centres hospitaliers a participé à cette étude, qui a observé le nombre d'admissions pour crise cardiaque au cours des quatre premières semaines du confinement puis les a comparé aux quatre semaines précédant le confinement. En tout, 1167 patients ont été admis dans ces établissements. 

Sur ces quatre premières semaines, du 17 mars au 12 avril 2020, les médecins ont noté une baisse significative de 30 % des hospitalisations. De 686 au cours des quatre semaines avant le confinement, elles sont passées à 481 pendant le confinement. La baisse est nette et rapide dès les premiers jours du confinement. Cette tendance n'a pas été suivie d'un "effet rebond" qui aurait provoqué une remontée après cette soudaine chute. 

Une diminution constatée sur tout le territoire français

L'étude formule plusieurs hypothèses : certaines liées au Covid-19, d'autres liées aux conséquences directes de la pandémie.  Une des premières est la réticence des individus de se rendre à l'hôpital. Le virus a suscité de nombreuses peurs liées à son caractère contagieux, ce qui a poussé les Français à prendre le moins de risques possibles en restant chez eux. "Cette inquiétude pourrait avoir été amplifiée par le message global adressé aux gens pour qu'ils restent chez eux", confirme l'étude. Peur de l'attraper dans les établissements de santé, donc, ou "d'ajouter de la pression pour les médecins et infirmières en ce temps difficiles", peut-on lire.

L'étude note que la diminution des admissions pour infarctus n'est pas locale et liée à une tension plus forte dans certains hôpitaux en fonction des régions. Cette baisse est la même pour tout le pays, avec un confinement qui a été appliqué de la même façon sur tout le territoire français. A Marseille et Bordeaux, par exemple, où les services des hôpitaux étaient loin d'être saturés, les chercheurs ont constaté la même baisse, avec 25  % à 35  % d'hospitalisations en moins pour infarctus. 

La diminution notable des efforts physiques violents explique également cette baisse. "Il y a eu réellement une baisse des survenues d’infarctus du myocarde, et pas seulement des hospitalisations pour infarctus, parce que les gens étaient confinés chez eux, et donc, ne faisaient plus d'efforts violents", précise l'article scientifique. 

Le télétravail, et donc par conséquent la baisse du stress dans un certain nombre de cas, peut aussi expliquer cette baisse. "Il y avait peut-être moins de stress professionnel pour certaines personnes", explique le professeur Nicolas Danchin, cardiologue à l'hôpital européen Georges-Pompidou et coordinateur de l'étude. Tout comme la réduction de la pollution. "Il y avait aussi, et ça a été constaté très rapidement après le début du confinement, une diminution de la pollution. Or, on sait que la pollution de l'air peut déclencher des infarctus du myocarde", ajoute-t-il. 

Les changements de modes de vie et de travail (déplacement en vélo, télétravail, ...) des Français, imposés par l’impératif sanitaire, semblent avoir un impact indéniable sur leur santé. 


Léa LUCAS

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