La France face à une 3e vague d'ampleur

Covid-19 : pourquoi les masques en tissu n'ont plus la cote auprès des Français

Hamza Hizzir
Publié le 24 octobre 2020 à 18h11
JT Perso

Source : JT 13h WE

TENDANCE - Depuis le début de l'épidémie, le masque s'est imposé dans les habitudes de la population. Mais sa commercialisation est devenue un casse-tête pour les industriels, surtout ceux qui ont misé sur les masques en tissu. Explications.

C'est un accessoire dont on ne peut plus se passer. En ces temps de pandémie de Covid-19, le masque s'est imposé dans le quotidien des Français. Mais sa commercialisation est devenu un casse-tête pour les industriels. En particulier pour ceux qui avaient fait le choix de miser sur les masques en tissus. Près de 25 millions de ces masques lavables restent en effet invendus dans tout le pays. Comment l'expliquer ?

Plus de commandes conséquentes

Un constat, d'abord. Au plus fort de la crise sanitaire, lors de la première vague du printemps, de nombreux ateliers ont été mobilisés pour confectionner ces masques en tissu. Aujourd'hui, certains d'entre eux sont à l'arrêt. Dans l'usine textile de Guillaume Jabouley, à titre d'exemple, les bobineuses, les machines à coudre et les presses sont maintenant silencieuses. "Tout le matériel qui a été utilisé au plus fort de la mobilisation n'est plus utilisé, parce qu'il n'y a plus de commandes conséquentes derrière", confirme à TF1 le directeur industriel de cette usine d'AJ Biais, leader sur le marché des accessoires textiles.

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"On ne respire pas avec, il n'y a pas d'air"

Jusqu'en juin dernier, l'atelier tournait pourtant à plein régime : 70.000 masques fabriqués par jour, 30 machines achetées, 40 intérimaires mobilisés... Et puis les commandes ont commencé à diminuer. Bilan : 140.000 masques sur les bras, faute d'avoir trouvé preneurs. Guillaume Jabouley n'est pas un cas isolé. Aujourd'hui, plus d'un millier d'entreprises françaises se trouvent dans la même situation. Et déchantent.

Pourquoi le masque ne séduit-il plus dans sa version tissu ? "On ne respire pas avec, il n'y a pas d'air", "Il y a déjà suffisamment d'affaires à laver quand on a trois enfants", "J'ai l'impression d'être plus en sécurité avec un masque chirurgical en fait", témoignent différents usagers. Les pharmacies dressent le même constat, elles qui peinent à écouler leurs stocks. "On a cru que ce serait une alternative qui allait perdurer, que les gens allaient continuer à en consommer régulièrement, mais en voyant la chute des ventes, on a arrêté d'en commander", illustre Ruben Medina, pharmacien à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Après la pénurie, la guerre des prix

La pénurie du mois de mars a laissé place à la guerre des prix, mais pour les masques chirurgicaux, bien plus demandés que leur équivalent en tissu. Le prix de la boîte de 50 unités de ces derniers est ainsi passé, depuis le printemps, de 30 euros à 10,50 euros en moyenne aujourd'hui. On en trouve même, désormais, à moins de 5 euros dans certains supermarchés. Parce que la grande distribution dispose, elle, d'une grande quantité de masques chinois, achetés 10 centimes d'euros l'unité, contre le double pour un masque français.

Dans ces conditions, difficile pour les industriels français de rivaliser. Olivier Sarfati, co-fondateur de Solugerm, lancé il y a six mois et qui fabrique notamment des masques chirurgicaux, note ainsi que malgré "sept lignes de productions qui permettent de faire 300.000 masques par journées", deux millions d'euros investis et 60 salariés recrutés, le carnet de commandes n'en finit plus de se vider. "On a un problème de visibilité, avance l'entrepreneur français. Heureusement, on a encore trois semaines de production pour compléter les commandes qui ont déjà été faites." Pour éviter que cette nouvelle industrie disparaisse, les fabricants de masques chirurgicaux français planchent sur la création d'un label. Objectif : promouvoir leur qualité... Et entretenir les machines, indispensables en cas de nouvelle épidémie.


Hamza Hizzir

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