VACCINATION - Plus de 12 millions de Français ont déjà reçu leur dose de rappel contre le Covid-19, et plus de 500.000 se font vacciner chaque jour. Mais combien de temps l'immunité engendrée par la troisième dose va-t-elle durer ?

Depuis le 27 novembre, il règne un goût d'été 2021 dans les centres de vaccination. Les Français - plus de 500.000 chaque jour - se présentent massivement pour recevoir leur troisième dose de vaccin. Un rappel essentiel pour améliorer l'immunité vaccinale, en baisse dans le temps après la deuxième dose, mais qui suscite encore de nombreuses incertitudes. Parmi elles, la durée de la protection conférée par cette nouvelle injection.

Pourtant, le Pr Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale (COSV), se veut rassurant. "Il y a un élément d'optimisme fort : le niveau d'immunité après le rappel est significativement plus élevé qu'après la primo-vaccination", déclare-t-il, estimant le niveau d'anticorps "cinq à dix fois supérieur" à celui observé après le schéma initial. 

Toujours selon l'immunologue, la protection contre l'infection n'est que de 40 à 50% un semestre après la deuxième dose, contre 90% quelques jours après. Le rappel permet donc de revenir à ces standards, voire de les améliorer. De manière durable ? "Nous manquons par définition de données", répond le président du COSV, puisque la campagne de rappel pour les plus vulnérables n'a débuté qu'à la rentrée. "Il y aura forcément une décroissance, mais partir d'un plus haut niveau de protection est toujours mieux."

Jean-François Delfraissy déjà tourné vers une quatrième dose

Pour l'heure, seules des observations sur les personnes vaccinées avec le rappel dès septembre sont disponibles. "À deux mois et demi de recul après cette troisième dose, la protection reste encore à un haut niveau", rassure le Pr Fischer. "La pente de décroissance et le délai de protection restent toutefois des inconnues."

Et ce ne sont pas les seules. Le variant Omicron, initialement détecté en Afrique du Sud et qui circule désormais en France, complique la tâche des autorités sanitaires. Car il pourrait en partie résister aux vaccins, avertit l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Des données préliminaires venant d'Afrique du Sud suggèrent un risque de réinfection" des personnes guéries de la maladie ou vaccinées "plus élevé avec Omicron", a prévenu mercredi l'OMS, qui attend des données plus amples pour confirmer ces conclusions.

Les entreprises Pfizer et BioNTech ont cependant fait savoir que la dose de rappel fonctionnait bien contre le variant Omicron, tout en indiquant leur souhait de développer un vaccin spécifique. Quoi qu'il en soit, le Pr Fischer recommande aux Français de ne pas attendre une dose spéciale contre Omicron pour recevoir le rappel. "Ce serait une erreur grave", assure-t-il. "Il faut se faire vacciner pour se protéger contre le variant Delta, responsable de 99% des cas en France."

Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, s'est lui déjà tourné vers une quatrième dose. "Il est possible que nous ayons besoin, à un moment donné, d'une quatrième dose", a-t-il indiqué mercredi lors d'une audition au Sénat. "Dans quel délai ? Je ne le sais pas encore."


Idèr NABILI

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