Covid-19 : le défi de la vaccination

Covid-19 : l'OMS s'inquiète de la lenteur "inacceptable" de la vaccination en Europe

Maxence GEVIN avec AFP
Publié le 1 avril 2021 à 17h03
Photo prise au siège de l'OMS à Genève.

Photo prise au siège de l'OMS à Genève.

Source : Fabrice COFFRINI / AFP

CRITIQUE - Le directeur de l'OMS Europe, Hans Kluge, a estimé ce jeudi que la vaccination anti-Covid n'avançait pas assez vite sur le vieux-continent. Il fustige même une lenteur "inacceptable" dans une situation sanitaire globale de nouveau "inquiétante".

Une remontée de bretelles dans les règles de l'art. Dans un communiqué publié ce jeudi, l'Organisation Mondiale de la Santé a tancé la campagne de vaccination européenne contre le Covid-19. "Le rythme lent de la vaccination prolonge la pandémie", se désole le directeur de l'OMS Europe, Hans Kluge. "Les vaccins sont notre meilleure voie pour sortir de la pandémie. Non seulement ils fonctionnent, mais ils sont aussi très efficaces pour limiter les infections. Néanmoins, le déploiement de ces vaccins est d'une lenteur inacceptable", rappelle-t-il.

Moins bien que les États-Unis, mieux que le reste du monde

À ce jour pourtant, plus de 152 millions de doses ont déjà été injectées dans la zone Europe de l'OMS, soit un quart (25,5%) des doses administrées dans le monde. Un chiffre considérable lorsque l'on sait que la cinquantaine de pays concernés n'héberge que 12% de la population mondiale. Même constat lorsque l'on regarde le rythme de vaccination. En moyenne, 0,31% de la population de la zone Europe reçoit une dose chaque jour. Si ce résultat est nettement moins élevé que celui de la zone États-Unis/Canada (0,82%), il reste tout de même près de deux fois plus important que celui du reste du monde (0,18%).

Bientôt un million de morts

Ainsi, au-delà des chiffres, l'OMS s'inquiète de la dégradation de la situation sanitaire. "Actuellement la situation régionale est la plus inquiétante que nous ayons observée depuis plusieurs mois", estime-t-elle même. À une vaccination hésitante, bien que mathématiquement pas catastrophique, s'ajoute donc une conjoncture qui ne cesse de se dégrader. Le nombre de nouveaux décès a ainsi dépassé les 24.000 la semaine passée et se rapproche "rapidement" de la barre du million, note l'instance. 

De même, le nombre de nouveaux cas hebdomadaire a atteint 1,6 million ces derniers jours, alors qu'il était tombé sous le million seulement cinq semaines plus tôt. Une hausse des contaminations qui concerne tous les groupes d'âge, sauf les personnes âgées de 80 ans et plus chez lesquelles la vaccination commence à porter ses fruits. À ce tableau déjà peu reluisant s'ajoute l'inquiétude autour des variants.

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Pour inverser la tendance, Hans Kluge affirme qu'il faut améliorer le déploiement de la politique vaccinale, et ce à tous les échelons. "Que je sois clair : nous devons accélérer le processus en renforçant la production, en réduisant les obstacles à l'administration des vaccins, et en utilisant la moindre dose que nous avons en stock", assène le dirigeant. Parallèlement, l'organisation préconise un renforcement des tests, une meilleure mise en place de l'isolement et de la recherche des contacts pour endiguer la propagation. Elle se montre toutefois des plus sceptiques quant aux mesures de confinement. Il faut leur préférer des "interventions de santé publique opportunes et ciblées". Actuellement, 27 pays de la région demeurent en confinement total ou partiel.


Maxence GEVIN avec AFP

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