La France fait-elle les bons choix face au virus ?

Un rebond de l'épidémie "inéluctable" ? Ce que disent les chiffres dans les régions les plus touchées

Caroline Quevrain
Publié le 23 décembre 2020 à 13h44, mis à jour le 23 décembre 2020 à 14h49
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Source : TF1 Info

ÉPIDÉMIE - La situation sanitaire est nettement moins bonne dans l’est de la France. À la veille de Noël, comment circule le virus dans les régions les plus touchées ?

Contrairement à certains de nos voisins européens qui se trouvent dépassés par l’épidémie, Noël aura bien lieu chez nous. Mais à la veille du réveillon, la prudence est de mise avec une situation sanitaire à surveiller de près dans l’est de la France, où quasiment tous les indicateurs sont au rouge. Malgré tout, le ministre de la Santé, invité de TF1 mardi 22 décembre, assure qu’il n’y a pas de "flambée épidémique" et rassure : le scénario d’un reconfinement après les fêtes, comme le demandent des élus du Grand Est, n’est pas à l’ordre du jour. Mais les avis divergent sur l’évolution de la situation. Ainsi, la Pr Karine Lacombe affirme ce mercredi 23 décembre sur BFM qu’un rebond des hospitalisations sera "inéluctable", une fois les fêtes passées. Dans les régions les plus touchées, que disent les chiffres ? 

Un taux d'incidence plus haut que la moyenne

Quatre régions affichent encore des indicateurs dépassant la moyenne nationale : le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). Tandis que le taux d’incidence moyen en France est de 139 malades pour 100 000 habitants sur les sept derniers jours, la région affichant le taux le plus élevé est le Grand Est, avec une incidence de 223 sur la période du 12 au 18 décembre, suivi de la Bourgogne-Franche-Comté avec un taux de 220 du 8 au 14 décembre et estimé aujourd’hui à 249 par l’outil de modélisation Covid Tracker. 

Il s’agit ici des dernières données disponibles sur l’épidémie au niveau régional, rendues publiques par les différentes Agences Régionales de Santé (ARS). À noter également que depuis le 8 décembre, les résultats des tests antigéniques, plus rapides mais moins sensibles que les tests PCR, sont pris en compte dans le calcul des taux d’incidence, de positivité et de dépistage. Le taux de positivité des tests est lui aussi plus haut à l’Est qu’à l’échelle du pays (où il est évalué à 4,7%), sauf en région PACA qui affiche une légère diminution la semaine dernière, passant de 5,2% à 4,6%. Ainsi, en Bourgogne et en Auvergne, plus de 9% des personnes testées ont été diagnostiquées positives au Covid-19 et plus de 6% dans le Grand Est.

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Dans les hôpitaux, la situation n’est guère meilleure à l’Est qu’ailleurs et les tensions hospitalières sont disparates selon les régions. Selon le ministère de la Santé, le taux d’occupation des lits en réanimation par des patients Covid-19 est de 54,1% au 21 décembre. En Bourgogne-Franche-Comté, il monte jusqu’à 84,3% et "les flux d’entrées à l’hôpital (en moyenne 75 par jour) continuent d’alimenter un plateau proche des 1 800 personnes hospitalisées, c’est-à-dire 400 patients de plus dans les hôpitaux de la région qu’au pic de la première vague", d’après l’ARS. 

Toujours au 21 décembre, les lits de réanimation d’Auvergne-Rhône-Alpes sont occupés à 81,4% par des malades du Covid-19. La situation est meilleure dans le Grand Est et en PACA, avec des taux d’occupation respectifs en réanimation de 58,5% et de 62,6%. Mais le Grand Est connaît encore aujourd’hui des nouvelles entrées à l’hôpital, 102 supplémentaires, dont 7 en réanimation sur la journée du 20 décembre. À l’automne, la région a déjà été forcée de transférer des patients vers d’autres régions, voire vers chez nos voisins allemands. Des élus s’inquiètent d’une diffusion de l’épidémie de l’Est à l’Ouest et souhaitent plus d’anticipation de la part du gouvernement. Ce mercredi, Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste à l’Assemblée, a demandé à l’exécutif de "limiter les déplacements entre régions" dès le mois de janvier. 


Caroline Quevrain

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