Covid-19 : le défi de la vaccination

Rappel vaccinal à la rentrée : les trois questions que pose cette troisième dose

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Publié le 5 août 2021 à 14h10, mis à jour le 5 août 2021 à 15h54
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

VACCINATION - Emmanuel Macron a confirmé jeudi que l'exécutif se préparait à organiser une campagne de rappel vaccinal anti-Covid "à la rentrée" pour "les plus fragiles et les plus âgés". Une décision qui suscite plusieurs interrogations.

"Nous le ferons à partir de la rentrée." Emmanuel Macron a confirmé jeudi 5 août que l'exécutif se préparait à organiser une campagne de rappel vaccinal anti-Covid pour "les plus fragiles et les plus âgés". Le périmètre exact des personnes qui se verront proposer une nouvelle injection devrait faire l'objet d'un arbitrage "la semaine prochaine", a annoncé mardi le ministère de la Santé. En attendant, ce choix suscite le débat, et soulève diverses questions. 

Quel est l'intérêt de cette troisième dose ?

Selon le ministère de la Santé, un consensus commence à se dégager sur la pertinence d'une troisième injection pour lutter contre le Covid-19. "On commence à avoir un consensus scientifique" sur un possible "affaiblissement des réflexes immunitaires" chez certaines personnes "autour de neuf mois après la première injection", a détaillé la semaine dernière le ministère lors d'un point presse. 

Actuellement, la troisième dose n'est préconisée que pour les personnes immuno-déprimées, telles que les personnes ayant reçu une greffe d'organes et suivant un traitement anti-rejet. À ce jour, "84.000 troisièmes injections" ont été réalisées dans ce cadre, a précisé le ministère.

Autre constat : celui du Conseil scientifique et celui du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale (COSV). Tous deux ont qualifié début juillet de "raisonnable" la proposition d'un "rappel de vaccination chez les personnes de plus de 80 ans résidant en Ehpad ou à domicile" malgré des données "encore limitées", "compte tenu des premières études montrant une baisse du niveau des anticorps plus précoce dans cette population et l'impact important possible sur le système de soins".

Des pays ont-ils déjà acté cette 3ème dose ?

Seuls quelques pays ont, à ce jour, décidé de franchir le pas. Le royaume du Bahreïn a demandé début juin à ses habitants de procéder à un rappel vaccinal, avec le vaccin chinois Sinopharm ou bien celui de Pfizer/BioNTech. Israël a lancé vendredi une campagne en faveur d'une troisième dose de vaccin pour les plus de 60 ans, et l'Allemagne compte proposer ce rappel dès le 1er septembre aux personnes âgées et vulnérables. La Suède prévoit de proposer une dose de rappel de vaccin à "une grande partie de la population" en 2022, et pourrait commencer par des populations vulnérables dès cet automne.

Pourquoi cette 3eme dose fait-elle débat ?

Essentiellement car les avis divergent sur la nécessité – et les éventuels risques – d'une nouvelle injection. Selon le géant Pfizer, c'est une évidence : "de nouvelles études montrent qu'une troisième dose a des effets neutralisants contre le variant Delta (qui sont) plus de cinq fois plus élevés chez les jeunes et plus de onze fois chez les personnes plus âgées." Cependant, l'Autorité américaine des médicaments (FDA) n'a pas donné son feu vert à l'administration d'une troisième dose pour les personnes âgées.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), elle, a préconisé mercredi un moratoire sur ces doses de rappel. Pas à cause de son intérêt médical, mais en raison du gouffre entre les pays riches et les plus pauvres, où la première injection est encore difficile à obtenir. Le patron de l'agence onusienne a demandé que le moratoire dure "au moins jusqu'à la fin septembre" pour tenter d'atteindre un objectif qu'il avait fixé en mai : que 10% de la population de tous les pays du monde soit vaccinée contre le Covid-19. Les États-Unis ont d'ores et déjà rejeté cet appel à un moratoire estimant qu'ils n'avaient "pas besoin" de choisir entre administrer une troisième dose à leurs citoyens ou en faire don à des pays pauvres.


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