L'info passée au crible

Covid-19 : se dirige-t-on vers un rappel vaccinal tous les quatre mois ?

Felicia Sideris
Publié le 21 décembre 2021 à 16h08
L'exécutif s'était engagé à ce que tous les résidents de ces établissements soient"totalement protégés" contre le Covid-19 "début mars".

L'exécutif s'était engagé à ce que tous les résidents de ces établissements soient"totalement protégés" contre le Covid-19 "début mars".

Source : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

IMMUNITÉ - Des internautes craignent d'ores et déjà que "quatre doses de vaccin par an" soient nécessaires pour lutter contre le Covid-19. Il est impossible de le savoir à ce stade.

La majorité de la population n'a pas encore reçu sa 3ᵉ dose que certains s'inquiètent déjà des suivantes. Internautes, élus et militants anti-vaccin ne cessent de s'alarmer contre la dose de rappel du vaccin contre le Covid-19, ouverte depuis le samedi 27 novembre à toutes les personnes âgées de 18 ans et plus dès quatre mois après la dernière dose. À l'instar d'Aurélien Legrand, conseiller régional du Rassemblement national en Ile-de-France. Sur Twitter, il a alerté sur ce "booster" qui serait le signe d'un avenir dans lequel se dessine la nécessité de "quatre injections par an". Qu'en est-il réellement ?

Un "booster" d'immunité

Il faut savoir qu'initialement, cette troisième dose n'était pas comprise dans le schéma vaccinal. Ce sont en fait les travaux en vie réelle qui ont montré peu à peu sa nécessité. "On s'est aperçu à travers les études observationnelles que l'immunité et la protection induite par le vaccin contre la maladie du Covid-19 diminuait après cinq mois", a ainsi rappelé le médecin épidémiologiste Eric D'Ortenzio lors d'un live inédit entre l'Inserm notre équipe des Vérificateurs

Or, des anticorps plus nombreux et de meilleure qualité sont nécessaires pour répondre à l'épidémie actuelle. Malgré une "réponse immunitaire très bonne" avec les vaccins dont nous disposons contre le Covid-19, celle-ci doit être "boosté", comme nous le confirme l'immunologiste Béhazine Combadière. Une immunité dégradée ne suffit pas, les anticorps doivent être "de très haut niveau pour lutter contre les variants et la rapidité de cette épidémie", souligne la directrice de recherche à l'Inserm.

Raison pour laquelle, face au variant Omicron, a été instaurée cette 3ᵉ dose. Aussi appelée "booster", elle doit son surnom à son objectif : renforcer l'immunité existence. Dans les faits, elle permet ainsi d'augmenter "de 25% la réponse des anti-corps, ce qui n'est pas négligeable", explique Béhazine Combadière. Ainsi (ré)armé, le système immunitaire peut lieux lutter contre l'épidémie... Et ses variants ! "Le système immunitaire est alors doté d'une sorte de paquet d'anticorps, parmi lesquels on trouve les bons pour chaque variant", pour reprendre l'explication de notre interlocutrice. Un phénomène "très classique en immunologie".

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Cela signifie-t-il pour autant qu'il faudra se faire vacciner tous les trimestres ? D'un point de vue théorique, non. "En théorie, ce type de dose de rappel permet de faire durer une immunité de qualité", répond la responsable du laboratoire "Immunité et vaccination" au Centre d'immunologie et de maladies infectieuses à Paris. Et en pratique ? Les deux chercheurs s'accordent à dire qu'il est trop tôt pour le savoir. Car les variants viennent perturber les connaissances acquises sur le sujet. "On est loin d'avoir les données suffisantes pour savoir à quels intervalles il faudra un rappel', conclut Eric D'Ortenzio. Tout en rassurant les plus réfractaires : "Il n'y a rien d'étonnant à se faire vacciner tous les ans, on le fait déjà contre la grippe."

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