GROGNE - Désireux d'effectuer un rappel de vaccins, de nombreux Français se heurtent à un obstacle majeur : trouver un créneau pour se faire vacciner. Pas facile dans des délais réduits, surtout dans certaines régions.

Afin d'éviter que la validité de leur pass sanitaire n'expire et afin de renforcer leur protection face au virus, des millions de Français sont appelés à prendre rendez-vous pour une dose de rappel dans les semaines à venir. Une tâche dont beaucoup s'acquitteraient volontiers... À condition de trouver un créneau ! En marge des annonces du gouvernement, la fréquentation des sites de réservations médicales ont explosé. Si bien que trouver un moment pour se faire vacciner devient parfois délicat, en particulier dans certaines régions. 

En ligne, certains font part de leur incompréhension : "0 place de vaccination avant fin janvier autour de chez moi sur Doctolib. Adapter le pass sanitaire aux recommandations sanitaires mi-janvier, pourquoi pas. Offrir la possibilité technique aux gens de se vacciner d’ici là, ce serait pas mal", peut-on notamment lire

Loin des niveaux de l'été

Une chose est sûre : les créneaux disponibles restent assez réduits. À l'échelle du pays, la plateforme la plus populaire (Doctolib) indique que 34.059 rendez-vous sont disponibles sous 3 jours, ce qui signifie qu'il est quasiment impossible de se faire vacciner au débotté. A fortiori dans le contexte actuel, où les créneaux redevenus disponibles après une annulation de rendez-vous sont très rapidement pris d'assaut. 

Dans un délai de 7 jours, ce n'est guère mieux, puisque l'on compte 104.908 rendez-vous disponibles. Plus le temps passe, plus ce nombre croît, avec 289.503 créneaux libres sous 14 jours. Des centres ouvrent chaque jour, indique-t-on du côté de Doctolib, contacté ce mercredi par LCI, même si l'on est encore loin des capacités observées lors du pic de vaccination observé en juillet dernier. À l'époque, la barre des 800.000 injections quotidiennes avait été franchie à plusieurs reprises, un volume très largement supérieur aux 300 à 400.000 doses injectées chaque jour lors de la dernière semaine. Notons toutefois que le demande, matérialisée par des réservations de créneaux en très forte hausse, se traduit progressivement dans les chiffres, le nombre moyen d'injections poursuivant une hausse continue depuis début novembre.

À l'échelle des régions, on peut noter quelques disparités. Toujours à partir des données fournies par Doctolib, il est possible de mesurer le nombre de créneaux accessibles et de les pondérer en fonction de la population globale. Ainsi, dans un délai de 7 jours, on constate que les Pays de la Loire, l'Auvergne Rhône-Alpes ou la Nouvelle Aquitaine sont sur le papier les moins bien pourvus. 

Si davantage de créneaux sont accessibles dans un délai de 14 jours, leur nombre demeure globalement réduit. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, on ne compte que 1,55 créneau en moyenne d'accessible sur Doctolib pour 1000 habitants. Si tous les lieux proposant une vaccination ne sont pas répertoriés sur la plateforme et que seuls les personnes de 12 ans et plus sont concernées par la vaccination, cela donne tout de même un bon ordre d'idée du peu de places actuellement accessibles.

La situation corse interpelle, puisqu'à 14 jours, on y recense 37 fois plus de créneaux libres qu'en Pays de la Loire. L'ARS de l'île de Beauté, contactée par LCI, explique cette situation par une spécificité locale : "Ici, les centres de vaccination ont proposé à la population de venir autant avec que sans rendez-vous, si bien que de nombreux Corses ne passent pas par les plateformes de réservation", nous indique-t-on. "Cela ne signifie pas que l'on se vaccine moins qu'ailleurs, mais simplement que les choses se font de manière plus informelle." Autres arguments invoqués : la proximité entre les habitants et leurs pharmaciens, médecins... Tout comme la taille réduite de l'île, où "tout le monde se connaît". Les chiffres, dès lors, apparaissent quelque peu en trompe-l'œil.

Une montée en puissance

Bien qu'elle reconnaisse une "très forte augmentation du nombre de prises de rendez-vous depuis le 25 novembre", avec notamment "612.000 vaccinations calées ce mardi", la Direction générale de la santé (DGS) assure à LCI que "nous ne sommes pas en situation de saturation". Et glisse qu'il "reste des créneaux de rappels disponibles" tandis que "de nombreux rendez-vous s’ouvrent". 

Car Olivier Véran l'a annoncé, nous sommes en phase d'accélération. "Plus de 1000 centres sont ouverts, nous allons en rouvrir 300", a lancé le ministre de la Santé ces derniers jours. Il n'est en apparence pas prévu de concentrer plus de moyens dans certaines régions : en effet, la DGS juge "marginales" les disparités à l'échelle du territoire en matière d'accès aux créneaux de vaccination, et rappelle que "ce sont les ARS, en lien avec les préfets et collectivités territoriales qui organisent la montée en puissance des centres de vaccination et de la ville en fonction des besoins propres à chaque territoire". Dès lors, "il reviendra donc aux acteurs locaux de déterminer dans les prochains jours et dans les prochaines semaines le nombre de réouvertures requises pour répondre à l’évolution de la demande". Selon les derniers chiffres qui nous ont été communiqués, on compte aujourd'hui environ 1200 centres ouverts dans toute la France. Environ 300 de moins qu'à la fin mai.

Pour les ARS, l'enjeu n'est pas seulement de multiplier les centres de vaccination, mais également de parvenir à élargir les plages horaires auxquelles se faire vacciner. En effet, pour de nombreux salariés, les rares créneaux actuellement disponibles ne sont pas toujours facilement accessibles. Rares sont en effet ceux proposés après 18h ou le weekend, en marge des journées de travail.

Signe qu'une montée en charge majeure est en cours, on remarque qu'en quelques semaines, le nombre d'injections hebdomadaires a été multiplié par deux. De moins d’un million d’injections fin octobre à plus de 2 millions la semaine du 28 novembre. Et la DGS d'ajouter que "les volumes commandés par les professionnels battent de nouveaux records chaque semaine : plus de 3,6 millions de doses cette semaine, contre 1,5 million et 1,4 million les semaines précédentes. À titre d’exemple, durant la semaine du 26 octobre, 'seules' 750.000 doses avaient été commandées."

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Thomas DESZPOT

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