La France fait-elle les bons choix face au virus ?

Soins déprogrammés à cause du Covid-19 : jusqu'à 6000 décès par cancer supplémentaires ?

I.N
Publié le 8 décembre 2020 à 9h41
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Source : TF1 Info

MORTALITÉ - Selon des modélisations, les retards dans la prise en charge des cancers au cours de la première vague de Covid-19 pourraient entraîner 1000 à 5800 décès supplémentaires dans les prochaines années.

Le bilan de la pandémie de coronavirus continue de s'alourdir dans le monde. Au 8 décembre, selon les données de l'université Johns Hopkins, 1,5 million de personnes ont déjà perdu la vie des suites du Covid-19. Une épidémie qui sature les hôpitaux et oblige les soignants à déprogrammer des opérations pour d'autres pathologies, notamment pour le cancer. Sur les sept premiers mois de l'année, la prise en charge des patients nouvellement diagnostiqués a baissé de 23,3% dans les hôpitaux français. Résultat : le nombre de décès par cancer va augmenter dans les prochaines années, alertent des spécialistes.

Selon des modélisations statistiques publiées dans la revue médicale BMJ, les retards dans la prise en charge des cancers pourraient entraîner 1000 à 5800 décès supplémentaires dans les prochaines années. Le bilan pourrait même s'alourdir, ces projections ne prenant pas en compte les effets potentiels de la seconde vague de Covid-19. "Pour certaines tumeurs", la prise en charge retardée "peut entraîner une taille beaucoup plus importante et un traitement qui relève de la chimiothérapie et non pas d'une chirurgie première", avertit Corinne Balleyguier, chef du service radiologie au Centre Gustave Roussy (Villejuif), sur LCI (voir vidéo en tête de cet article).

Une hausse "a minima de 2% des décès par cancer"

Une situation inquiétante qu'avait déjà évoquée Axel Kahn, généticien et président de la Ligue contre le cancer, en novembre dernier sur LCI. "Il y a une absolue certitude qu'il y aura plusieurs milliers de morts supplémentaires par cancer qu'il n'aurait dû y en avoir s'il n'y avait pas eu le Covid", déplorait-il alors.

En septembre, une étude présentée par Aurélie Bardet, statisticienne du Centre Gustave-Roussy, démontrait, elle aussi, que les retards de prise en charge entraîneraient une augmentation "a minima de 2% des décès par cancer" cinq ans après le diagnostic. Malgré la deuxième vague, elle appelait alors la population à ne pas hésiter à se faire dépister. "Patients, ne tardez pas ni pour votre prise en charge, ni pour votre suivi."


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