Covid-19 : la vie avec le virus

Covid-19 : faut-il craindre une nouvelle vague cet été ?

Benoit Leroy (avec AFP)
Publié le 11 juin 2022 à 11h50
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

En France, les indicateurs sont repartis à la hausse, bien que les niveaux soient bien plus bas qu'en début d'année.
Au Portugal, la nouvelle vague rivalise avec celle de février en France.

Et si la période estivale, normalement synonyme d'accalmie sanitaire, était assombrie en 2022 ? Si rien n'est encore sûr, l'hypothèse n'est, en rien, extravagante. En effet, selon le dernier point de Santé Publique France, la plupart des indicateurs sanitaires sont repartis à la hausse (ou, alors ils marquent une "pause" dans leur diminution). Ainsi, au 5 juin, le taux d'incidence a augmenté de 13% en France, passant de 214 à 242 cas pour 100.000 habitants. Par ailleurs, le taux de positivité, lui, aussi, est en hausse de 1,3 point à 15,7%.

En Europe, BA.4 et BA.5 gagnent ainsi rapidement du terrain en France où ils devraient finir par supplanter BA.2, dominant depuis le début de l'année, ainsi qu'au Royaume-Uni ou en Allemagne. En France, la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, a évoqué un "léger retournement de tendance" de l'épidémie de Covid suite au Conseil des ministres mercredi, parlant de "vigilance" mais "pas d'inquiétude". Le relâchement des mesures sanitaires contribue aussi à la reprise de l'épidémie, pointent plusieurs spécialistes. 

L'exemple du Portugal touchée par une nouvelle vague

Aussi, l'exemple du Portugal pourrait permettre à la France de mieux appréhender les prochaines semaines. À la fin du mois de mai, Lisbonne a été touché par une vague similaire à celle intervenue en début d'année dans l'Hexagone. Le pays affichait alors une incidence de 3.559 cas pour 100.000 habitants, contre 405 en France au même moment. Au plus fort de la crise, 54% des tests étaient positifs. Bien que la population portugaise soit bien vaccinée - 86% des habitants ayant reçu au moins deux injections - elle est aussi plus âgée, les hospitalisations sont montées quasiment au niveau de la précédente vague. 

En cause, selon Santé Publique France (SPF), le fait que le Portugal n'ait pas subi de vague portée par le variant BA.2. Avoir traversé une vague BA.2 "pourrait conférer une meilleure protection contre BA.4 et BA.5", "génétiquement plus proches" de lui, jugeait l'agence sanitaire en mai. Une affirmation qui doit encore être confirmée. Dans tous les cas, le bouclier immunitaire s'érode avec le temps. D'après le dernier bilan sanitaire de SPF, le taux d'incidence est reparti à la hausse sur les deux dernières semaines du mois de mai, notamment chez les plus âgés.

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L'été, synonyme d'activités plus tournées vers l'extérieur, sera-t-il un frein à une éventuelle reprise épidémique ? "L'été (...) ne peut pas, à lui seul, empêcher qu'une vague de contamination ait lieu, comme l'a montré l'exemple de Delta en juillet 2021", explique Mircea T. Sofonea, maître de conférences en épidémiologie à l'université de Montpellier. 

S'il n'est plus obligatoire, le port du masque en intérieur dans certains cas reste aussi conseillé par plusieurs scientifiques, tout comme l'aération. Pour les plus vulnérables, une quatrième dose de vaccin est déjà recommandée dans plusieurs pays, sans attendre l'automne.


Benoit Leroy (avec AFP)

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