IMMUNITÉ - Alors que la campagne de rappel bat son plein en France, le conseil scientifique annonce dans son avis daté du 8 décembre, un "impact" de cette 3e dose après 26 millions d'injections.

Avec la 3e dose, peut-on atteindre l'immunité collective ? C'est le Graal tant attendu depuis des mois. Mais ces dernières semaines, avec l'arrivée de la 5e vague, on pourrait en douter : les cas explosent, atteignant en moyenne 50.000 contaminations par jour, alors que plus de 90% des Français ont reçu au moins une dose de vaccin. 

Pour l'immunologiste Frédéric Rieux-Laucat, interrogé par LCI, il s'agit même d'un "espoir qui s'éloigne". Le scientifique souligne que la part de la population devant être protégée du virus a augmenté depuis le début de l'épidémie, si bien qu'il est plus difficile aujourd'hui de tendre vers l'immunité collective. La dose de rappel aura-t-elle alors un effet de potion magique ? 

Efficacité à partir de mi-janvier

Dans leur dernier avis daté du 8 décembre, les membres du conseil scientifique annoncent que la dose de rappel aura "un impact plus immédiat au niveau individuel (8 jours environ) sur la protection vis-à-vis de la survenue des formes sévères et graves", écrivent-ils, pariant sur une efficacité "à partir de mi-janvier 2022" dans la population. Soit un mois et demi après l'ouverture de la dose à tous les adultes.

Sur le plateau de LCI à la mi-novembre, Jean-François Delfraissy, membre du conseil scientifique, assurait déjà "un boost de l'immunité immédiat" dès 48 heures après l'injection chez les personnes. De son côté, le "Monsieur Vaccin" Alain Fischer avançait un niveau d'anticorps "cinq à dix fois supérieur" avec le rappel, en comparaison à celui observé après le schéma initial.

Pour arriver à cette efficacité, il faudra cependant atteindre le chiffre de 26 millions de doses injectées, prévient le conseil scientifique. Le 13 décembre, la France avait déjà franchi le seuil des 15 millions de vaccinés avec cette injection supplémentaire (15.093.180 millions) grâce à l'accélération de la campagne d'après les chiffres de Santé publique France. Chaque jour, 500.000 personnes en moyenne tendent le bras. Ils étaient 791.000 le 10 décembre et encore 820.000 hier.

Si le rythme de vaccination se maintient, l'objectif affiché d'Olivier Véran de 20 millions de doses d'ici Noël est donc à portée de main. Toutefois, il faudra attendre encore un peu avant d'atteindre les 26 millions de Français. À la mi-janvier, seuls 22 millions de personnes seront à 7 mois post-vaccination au 15 janvier, date à laquelle le pass sanitaire se désactivera si elles refusent la dose de rappel. Elles seront 38 millions dans ce même cas fin janvier.

La menace d'Omicron

Pour maintenir la pression, le ministère de la Santé a appelé les soignants se mobiliser davantage. À cette fin, il opte pour l'ouverture des pharmacies le week-end et les primes à chaque piqûre donnée. Ce mercredi, le porte-parole du gouvernement a promis aussi l'ouverture de 8 millions de créneaux de vaccination d'ici début janvier.

Seule ombre au tableau, le variant Omicron devrait être à la même période dominant en Europe, a alerté la Présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen. Plus contagieux que la souche Delta, la mutation du Covid-19 ne serait pour l'instant pas plus sévère. Le premier mort dû à une contamination Omicron a été déclaré officiellement hier au Royaume-Uni.


LC

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