Covid-19, grippe, bronchiolite : où en est la "triple épidémie" ?

par Audrey LE GUELLEC avec AFP
Publié le 7 février 2023 à 17h50

Source : JT 20h WE

Depuis le 1er février, les principales mesures sanitaires de lutte contre le Covid-19 ont pris fin.
Si la décrue se confirme sur le front du SARS-CoV-2, la "triple épidémie" n'est pas terminée cependant.
La grippe, notamment, est encore bien présente et la campagne vaccinale a été prolongée.

La France en a-t-elle fini avec la "triple épidémie" hivernale ? Si le contexte dans les urgences de l'Hexagone n'a actuellement rien de comparable avec celui du mois de décembre 2022, quand les établissements de santé avaient été submergés par les cas de Covid-19, de grippe et de bronchiolite, il est encore trop tôt pour baisser la vigilance.

Après quatre semaines consécutives de baisse, l'épidémie de grippe est notamment repartie à la hausse la semaine dernière. 

Cette augmentation était observée principalement dans trois régions : Auvergne-Rhône-Alpes, Centre-Val-de-Loire et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Dans les autres régions métropolitaines, la tendance était globalement stable, selon le dernier bilan hebdomadaire de Santé publique France. Au total, dix régions sur treize étaient toujours en épidémie le 1er février, malgré des indicateurs "à un niveau d’intensité faible en ville et à l'hôpital"

"Une progression des virus grippaux de type B/Victoria"

La semaine dernière, le taux de positivité pour grippe était en nette augmentation (+13 points) en ville, avec "une progression de la part des virus de type B/Victoria, devenus majoritaires", souligne l'agence sanitaire. "Or ce virus peut tout à fait réinfecter des personnes qui ont déjà eu des grippes de type A", indique à l'AFP Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches.

Sur le front du Covid, la décrue semble se confirmer, avec des indicateurs tous à la baisse dans l'ensemble des régions la semaine dernière. Pour rappel, dans un avis du 16 décembre 2022, le Covars rapportait une reprise de l'épidémie en France, associée notamment à l'augmentation de circulation du sous-variant BQ.1.1 issu du variant Omicron BA.5, et signant le début de la 9e vague épidémique. Au cours de la première semaine de janvier, le nombre de nouveaux cas de Covid avait diminué de 26% sur une semaine tandis que le taux d'incidence était en baisse de 51%. 

"Étonné" de l'absence de reprise épidémique en janvier, Benjamin Davido explique cette bonne nouvelle par le fait que la population est globalement bien immunisée près avoir enduré coup sur coup la 8e et la 9e vague. "La question est maintenant de savoir si cette immunité va tenir avec l'arrivée possible de nouveaux variants."

La décrue épidémique, qui pourrait ne pas durer, est l'occasion de prévenir l'arrivée de futurs virus, estime-t-il, ajoutant que "la meilleure période pour organiser des campagnes de vaccination, c'est lors d'une accalmie". Et d'insister : "Il faudrait mettre à profit l'avance qu'on semble avoir en janvier sur le virus du Covid pour insister sur l'opportunité d'un rappel avec un vaccin mis à jour."

Gare au relâchement

D'autant que les médecins s'inquiètent d'un relâchement après la levée des principales mesures sanitaires encore en vigueur. Depuis le 1er février, l'isolement systématique des cas positifs et la réalisation d'un test au bout de deux jours pour leurs contacts, tombés en désuétude sur fond de chutes des cas, ne seront plus requis. Le suivi des cas contacts, via le service "contact Covid" géré par l'Assurance maladie, a lui aussi cessé. Désormais, les autorités se contentent de recommander fortement aux personnes testées positives au Covid-19 et aux personnes exposées au virus, de respecter les gestes barrières, se faire tester et éviter le contact avec les personnes fragiles.

En déclin depuis fin décembre, la bronchiolite a poursuivi son recul la semaine dernière sur la plus grande partie du territoire. "On peut penser que la bronchiolite est bel et bien derrière nous. En revanche, il est déjà arrivé dans le passé que la grippe connaisse un rebond après une décrue", résume l'épidémiologiste Mahmoud Zureik. Quant au Covid, "il a toujours réussi à nous surprendre". C'est dans ce contexte que les autorités sanitaires ont annoncé une prolongation jusqu'au 28 février de la campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière. En complément de celle-ci, la campagne de rappel contre le Covid demeure ouverte à tous.


Audrey LE GUELLEC avec AFP

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