Covid-19 : l'émergence du variant Omicron marque-t-elle le début de la fin de la pandémie ?

Publié le 8 décembre 2021 à 14h18

Source : JT 20h Semaine

ANALYSE - Le variant Omicron, initialement détecté en Afrique du Sud, s'est désormais propagé partout sur la planète. Selon le scientifique américain Anthony Fauci, il pourrait être plus contagieux mais "moins sévère" que le variant Delta. De quoi augurer une sortie de crise ?

Il a inquiété toute la planète et suscite désormais l'espoir d'une fin de pandémie. Le variant Omicron, initialement détecté en Afrique du Sud, a été à l'origine de nombreuses restrictions ces derniers jours, notamment de voyages avec l'Afrique australe. En cause, les craintes d'une plus forte contagiosité du virus et d'une résistance accrue au vaccin. Mais les récentes déclarations des scientifiques sont beaucoup plus rassurantes.

Selon le Dr Anthony Fauci, conseiller de la Maison Blanche sur la pandémie, "il est quasiment certain que le variant Omicron n'est pas plus grave que le Delta", a-t-il déclaré mardi soir. Mieux encore, "il y a quelques signes montrant qu'il pourrait même être encore moins sévère", a-t-il affirmé. En Afrique du Sud, pays dans lequel Omicron circule le plus largement, peu de formes graves ont en effet été recensées. Si ces résultats se confirment, la fin de la pandémie se situe-t-elle au bout du tunnel ?

Pour Étienne Decroly, directeur de recherche au CNRS, mieux vaut ne pas s'avancer trop rapidement. La bonne efficacité des vaccins sur ce variant comme l'indique l'OMS "est encore très discutée", tempère-t-il auprès de LCI. Selon lui, de premiers résultats dans des études encore non publiées montrent une "nette" baisse des anticorps neutralisants induits par la vaccination ou une précédente infection sur ce variant. "Il est donc beaucoup trop tôt pour dire que le vaccin va continuer à être efficace", poursuit-il, "les premiers résultats expérimentaux ne sont pas très encourageants."

Plus contagieux mais moins dangereux, le combo gagnant ?

Toutefois, un variant résistant à la vaccination pourrait être synonyme de virulence amoindrie, expliquait la semaine dernière à LCI le chercheur Samuel Alizon. Une hypothèse qui semble se confirmer pour Omicron, même si les données manquent encore. "En Afrique du Sud, le lieu d'émergence du variant, la pyramide des âges est très différente de celle en Europe", avec beaucoup plus de jeunes, rappelle Étienne Decroly. Or, "les cas sévères sont habituellement repérés chez un public âgé", une population "pas aussi bien représentée" en Afrique du Sud qu'en France. "Attendons d'avoir des données dans des populations comparables pour nous rassurer."

Si cette hypothèse est avérée, le nombre de cas graves à l'hôpital serait alors largement réduit. Or, c'est cet indicateur que le gouvernement observe en priorité pour imposer, ou non, des restrictions. Avec Omicron, le Covid-19 pourrait-il donc devenir une maladie banale, qui n'engorge pas nos services hospitaliers ? Pas si sûr... "Une virulence atténuée est toujours une bonne nouvelle", répond Étienne Decroly. "Mais si ce variant se transmet trois ou quatre fois mieux que les précédents, le nombre de cas sera alors très élevé. Il faudrait donc que la virulence diminue d'autant pour éviter une tension hospitalière."

À ce jour, il semble trop tôt pour conclure si, oui ou non, Omicron sonnera la fin de la pandémie. "Il y a quelques lueurs d'espoir", assure le directeur de recherche. "Mais aujourd'hui, nous ne pouvons pas raisonnablement trancher entre les différentes hypothèses."


Idèr NABILI

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