COVID-19 - Avec plus de 2.000 décès et près de 300.000 nouvelles contaminations en 24 heures et une pénurie de traitements et d'oxygène, l'Inde, deuxième pays le plus touché par la pandémie, est confrontée à une crise sanitaire majeure.

"Un ouragan." C'est ainsi que le Premier ministre indien, Narendra Modi a désigné la deuxième vague épidémique qui ravage son pays, invitant ses compatriotes à se livrer à "une nouvelle grosse bataille." Avec plus de 2.000 décès et près de 300.000 nouvelles contaminations en 24 heures, l'Inde compte désormais plus de 182.000 morts du Covid et 15,6 millions de contaminations. 3,5 millions de nouvelles contaminations ont été détectées depuis le début du mois d'avril. 

Une accélération de l’épidémie notamment expliquée par l’apparition d’un nouveau variant, appelé B.1.617 et aussi surnommé "double mutant" en raison de ses deux mutations, la L452R, observée chez le variant californien, et la E484Q, détectée sur les variants brésilien et sud-africain, mais aussi par l'allègement des restrictions depuis le mois de janvier. 

Pénurie d'oxygène et de médicaments

Malgré ses villes surpeuplées et la vétusté de son système de santé, l'Inde avait jusqu'à présent réussi à sortir relativement épargnée, mais elle doit aujourd'hui faire face à une pénurie de médicaments essentiels contre le coronavirus et d'oxygène. Des familles de malades désemparées sont contraintes de payer des prix exorbitants sur le marché noir pour obtenir des médicaments et de l'oxygène et les réseaux sociaux sont inondés d'appels à l'aide désespérés.

Le ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal, qui s'est isolé mardi après que son épouse eut été testée positive, a tweeté tard mardi que certains hôpitaux de la mégalopole n'avaient "plus que quelques heures d'oxygène" en réserve. Ce à quoi, le ministre de la Santé de la mégapole d'environ 25 millions d'habitants, Satyendar Jain, a répondu en exhortant le gouvernement fédéral à "rétablir la chaîne d'approvisionnement en oxygène pour éviter une crise majeure".

130 millions d'injections

Et pour ce qui est de la vaccination, l'Inde a déjà administré plus de 130 millions de vaccins jusqu'à présent et, à partir du 1er mai, tous les adultes pourront se faire vacciner. Mais reste à savoir si le vaccin protègera la population contre le double mutant. "Je pense que dans une semaine ou deux, nous aurons une estimation plus quantitative de la réaction du variant au vaccin", a déclaré Rakesh Mishra, du Centre de biologie cellulaire et moléculaire. 

En attendant, les États du pays ont imposé différentes mesures de restrictions : depuis lundi soir Delhi est confinée pour une semaine, tous les magasins non essentiels ont été fermés dans le Maharashtra et l'État d'Uttar Pradesh, qui compte 200 millions d'habitants, impose un confinement pendant le week-end. Le confinement de Delhi a incité des dizaines de milliers de travailleurs migrants à fuir la mégapole, rappelant la crise humaine et économique de l'an dernier.

Les États-Unis déconseillent désormais les voyages en Inde, même pour les personnes entièrement vaccinées, tandis que la Grande-Bretagne a ajouté l'Inde à sa "liste rouge". Hong Kong et la Nouvelle-Zélande ont interdit les vols.


La rédaction de TF1info

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