Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Covid-19 : le délai des tests, "trou dans la raquette" du pass sanitaire ?

Felicia Sideris
Publié le 19 juillet 2021 à 14h11
Covid-19 : le délai des tests, "trou dans la raquette" du pass sanitaire ?

Source : ANGELA WEISS / AFP

COVID-19 - Imposer des tests négatifs au coronavirus de moins de 48 heures afin de permettre l'accès aux lieux dans lesquels le pass sanitaire est nécessaire pourrait s'avérer être une stratégie imparfaite. Explications.

Au-delà des limites apparentes du pass sanitaire, tels le trafic de QR codes, la porosité des contrôles et l'acceptation de la société, cette mesure de lutte contre le covid-19 semble rencontrer un autre problème : le test négatif de moins de 48 heures exigé pour entrer dans certains lieux ne serait pas suffisant, pointent certains.

Ainsi, un cluster d'au moins 21 personnes a été détecté à Bordeaux après une soirée en boîte de nuit, a fait savoir l'ARS Nouvelle-Aquitaine ce samedi 17 juillet. Si certains participants accusent les organisateurs d'avoir manqué au contrôle du pass sanitaire à l'entrée des lieux, les principaux concernés assurent avoir respecté les règles du jeu. Cet exemple parmi d'autres montre en tout cas les failles de ce système. On voit en effet à travers l'Europe de tels exemples se multiplier. Or, le problème pourrait venir des tests PCR et antigéniques demandés aux participants.

 

De fait, des travaux montraient déjà en avril dernier le fort taux de probabilité d'un faux test négatif qui peut arriver quelques heures avant le début de la contagiosité. Des chercheurs étasuniens relevaient dans un rapport scientifique que la probabilité de transmission du virus commence à augmenter environ deux jours avant l'apparition des symptômes, en même temps que le taux de faux négatifs commence à baisser. Ce ratio est illustré dans le graphique ci-dessous. En somme : une personne testée négative le vendredi peut être déjà infectée et devenir contagieuse le samedi soir, au moment où elle participera à de grands rassemblements.

Le taux de contagiosité du virus rapporté au taux de faux négatif en fonction de la date de début des symptômes - Le taux de contagiosité du virus rapporté au taux de faux négatif en fonction de la date de début des symptômes

Un phénomène amplifié par avec le variant Delta selon de nouvelles observations. Une vaste étude analysée par Le Monde  ce 17 juillet révèle ainsi l'importance de la charge virale avant les signes d'infection par ce nouveau variant hautement contagieux. Les résultats indiquent qu'il est en réalité plus infectieux au cours de la phase précoce de l'infection virale, celle précédent les symptômes. Or, c'est exactement pendant cette phase que les tests peuvent produire de faux négatifs. 

Vers des tests de moins de 24 heures ?

Face à ce "trou dans la raquette", certains pays ont déjà décidé d'agir. À l'instar des Pays-Bas. La décision fait suite à un festival qui a pris une tournure particulièrement inquiétante, avec 1000 infections au virus liées à l'événement, malgré l'exigence d'un test sanitaire à l'entrée. Ce qui a poussé les autorités sanitaires à admettre le défaut de ce dispositif. Dans la presse, Lennart van Trigt, porte-parole du conseil de santé de la région d'Utrecht, où avait lieu l'événement, a relevé qu'en autorisant à effectuer des tests jusqu'à 40 heures avant l'événement, on permettait à certains d'être infectés entre-temps. "Nous avons découvert que ce délai est trop long. Il aurait dû être de 24 heures", a-t-il reconnu dans la presse. C'est pourquoi, depuis le 13 juillet, ce délai est passé à 24 heures pour certains événements.

La France n'en est pas encore là. Mais elle exige désormais un test PCR ou antigénique de moins de 24 heures pour accepter sur son territoire les voyageurs non vaccinés en provenance de certains pays de l'Union européenne. C'est actuellement cas pour l'Espagne, le Portugal, la Grèce, Chypre et les Pays-Bas. Signe que les autorités commencent, elles aussi, à prendre l'ampleur du problème.


Felicia Sideris

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