La France face à une 3e vague d'ampleur

Covid-19 : le pic de la troisième vague est-il passé ?

Idèr Nabili
Publié le 8 avril 2021 à 12h35
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Source : TF1 Info

INDICATEURS - Le nombre de personnes testées positives au Covid-19 semble enfin ne plus augmenter dans le pays. Le pic de la troisième vague, espéré par Olivier Véran cette semaine, est-il déjà derrière nous ?

La France voit-elle au loin (enfin) le bout du tunnel de la troisième vague ? Alors que le ministre de la Santé Olivier Véran avait indiqué lundi sur TF1 espérer atteindre le pic des contaminations dans la semaine, les derniers indicateurs pourraient bien le démontrer. Depuis quelques jours, la courbe épidémique n'augmente plus, et est même en légère baisse dans les départements sous mesures de freinage renforcées depuis la mi-mars.

"Très probablement, nous avons dépassé le pic des contaminations", se réjouit sur LCI le Pr Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation de l'hôpital Lariboisière (Paris). "Le sommet de la courbe en cloche est peut-être derrière nous, même si nous allons voir ce pic stagner un tout petit peu, avant une décroissance."

Les taux de positivité et de reproduction en baisse

Selon les données de Santé publique France et relayées par CovidTracker, 38.558 tests positifs ont été enregistrés en moyenne sur une semaine au 4 avril. Trois jours plus tôt, cet indicateur s'élevait à 39.167, en hausse continue depuis le mois de mars. Dans le même temps, le nombre de tests a continué sa progression (plus de 500.000 sont réalisés chaque jour en moyenne). Conséquence : le taux de positivité national, désormais fixé à 7,36%, décroît, après avoir dépassé les 8% au début du mois.

Autre indicateur dont la hausse s'est arrêtée : le taux de reproduction du virus, le fameux facteur R, qui symbolise le nombre de personnes qu'infecte en moyenne un malade. "Le pic des contaminations est atteint à partir du moment où le R se situe en dessous de 1", indique sur LCI Jean-Stéphane Dhersin, spécialiste en modélisation. 

Sur ce point, les dernières données appellent encore à la prudence. En France, le R effectif est encore estimé à 1,14, même si celui-ci est en baisse. Mais dans les deux régions sous mesures de freinage renforcées depuis mi-mars, le R frôle désormais à ce seuil. Il est fixé à 1 dans les Hauts-de-France, et 1,1 en Île-de-France, selon CovidTracker.

Une fois le pic atteint, la décrue du nombre de cas n'est pas automatique. "La vitesse de décroissance des contaminations dépend de l'efficacité des mesures", poursuit Jean-Stéphane Dhersin. "Les secondes mesures (celles annoncées par Emmanuel Macron mercredi 31 mars, ndlr), plus contraignantes, vont accélérer la descente de la courbe."

Le pic à l'hôpital pas attendu avant fin avril

Si le pic des contaminations doit encore être confirmé par les indicateurs des prochains jours, celui du nombre de malades en réanimations est, de son côté, encore loin d'être atteint. "À l'hôpital, nous avons un effet d'accumulation des patients", explique le Pr Mégarbane. "Nous allons d'abord voir s'abaisser le nombre de nouveaux entrants en réanimation, puis le solde, c'est-à-dire la différence entre les entrants et les sortants, va progressivement se réduire."

Tout cela devrait toutefois prendre encore "deux à trois semaines" après le pic des contaminations, avertissait lundi sur TF1 Olivier Véran. Par la suite, "la décroissance sera relativement lente, notamment en réanimation", services dans lesquels les cas graves restent entre 10 jours et deux mois selon la sévérité de leur infection, précise Bruno Mégarbane. "Nous nous attendons encore à avoir une majorité de patients avec le Covid-19 en réanimation pendant tout le mois de juin."


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