Covid-19 : le risque de myocardite bien plus important en étant infecté qu'en étant vacciné

Publié le 31 août 2021 à 22h20
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ILLUSTRATION - Source : iStock / BlackJack3D

EFFET SECONDAIRE - Argument utilisé par les réticents au vaccin ces derniers mois, le risque de développer une myocardite serait en réalité seize fois plus important lors d'une infection au Covid-19 qu'en l'absence de contamination.

Plus d'un an et demi après son apparition officielle, le Covid-19 cache encore de nombreux secrets. Parmi eux, les effets indésirables provoqués par l'infection. Une vaste étude américaine publiée ce mardi confirme que le virus peut entraîner de véritables conséquences sur l'organisme. Selon les chercheurs, le risque de myocardite, à savoir une inflammation du muscle cardiaque, est accru pour les patients atteints du Covid-19. Un argument de poids en faveur de la vaccination.

Le risque de développer une myocardite a en effet été pointé du doigt après l'injection des vaccins de Pfizer et de Moderna, notamment chez les garçons et jeunes hommes. Mais ce risque est élevé après une infection par la maladie elle-même, selon cette nouvelle étude des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), qui a analysé les données de consultations dans plus de 900 hôpitaux.

Seize fois plus de risques pour les malades du Covid-19

"La myocardite reste rare chez les patients, avec ou sans Covid-19", écrivent les CDC. "Toutefois, le Covid-19 est un facteur de risque fort et important pour la myocardite, ce risque variant avec l'âge." Les patients atteints du Covid-19 entre mars 2020 et janvier 2021 avaient en moyenne quasiment seize fois plus de risques de développer une myocardite que ceux n'ayant pas contracté le virus, selon cette étude.

Ce risque était plus prononcé chez les personnes de moins de 16 ans, ainsi que de plus de 50 ans. Chez les enfants, certains cas de myocardites recensés peuvent correspondre à un syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique (PIMS ou MIS-C), note l'étude.

En 2020, le nombre de consultations pour myocardite dans ces hôpitaux a été 42% plus élevé qu'en 2019, et les pics correspondaient à ceux du nombre de cas de Covid-19. Par ailleurs, parmi les personnes atteintes à la fois du Covid-19 et de myocardite, la grande majorité ont reçu leur diagnostic pour les deux maladies le même mois. Le mécanisme exact pouvant être à l'origine de ce lien est "inconnu", précisent les CDC.

La balance bénéfice-risque largement favorable à la vaccination

Cette étude n'apporte pas directement de point de comparaison avec le risque de myocardite suivant la vaccination. Mais les CDC mentionnent une autre étude israélienne, publiée la semaine dernière dans la revue scientifique NEJM. Selon celle-ci, le risque de développer une myocardite après l'injection d'un vaccin à ARN messager (celui de Pfizer) était multiplié par trois.

Et toujours selon cette étude, le risque de myocardite associé à une infection par le virus était quant à lui multiplié par 18, soit bien davantage qu'après une vaccination. La balance bénéfice-risque penche ainsi clairement en faveur de la vaccination, comme l'ont décidé les autorités sanitaires américaines. Et ce notamment dans le contexte de la flambée actuelle de l'épidémie liée au variant Delta, exposant les populations à un fort risque d'infection.


La rédaction de TF1info avec AFP

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