Covid-19 : la propagation fulgurante du variant Omicron

Omicron va-t-il faire exploser les Covid longs ?

Aurélie Loek
Publié le 25 janvier 2022 à 17h20, mis à jour le 25 janvier 2022 à 17h51
JT Perso

Source : JT 20h WE

S'il est encore tôt pour avoir un avis tranché, les symptômes plus légers du variant Omicron ne diminueraient pas nécessairement le risque d'un Covid long.
Cette forme chronique touche 10 à 30% des patients.
Les cas de Covid long pourraient donc fortement augmenter dans les prochaines semaines.

C'est un nouveau risque observé de près par les scientifiques. Le déferlement du variant Omicron a provoqué des records de contaminations un peu partout dans le monde. Si les premières données montrent que celui-ci ne serait pas, pour la plupart des cas, à l'origine de formes graves, le risque de développer une forme chronique du Covid, aussi appelée Covid long, n'est pas à négliger.

Pas de corrélation entre des symptômes légers et une forme longue du Covid

C'est pourtant une hypothèse soulevée par le Conseil scientifique. "Le fait que le variant Omicron soit moins sévère au plan clinique pourrait réduire la fréquence de survenue de cas de COVID long", espère-t-il ainsi dans son avis du 19 janvier.  

Cependant, pour la professeure Clara Lehmann, qui a mis en place un programme de recherche pour suivre l'évolution de l'immunité de 1000 patients, le développement d'un Covid long n'est pas corrélé à la gravité de la première phase d'infection. "Comme il n’y a pas d’association entre le risque de Covid long et la gravité de la phase aiguë, je ne sais pas dire si cette vague va provoquer une résurgence", explique-t-elle à TF1info depuis l'hôpital universitaire de Cologne, en Allemagne.

Un constat que fait également Matthieu Lestage, porte-parole de l'association de patients Après J20, représentant les personnes ayant des symptômes persistants après avoir attrapé le Covid. "Parmi les Covid longs, quasiment à chaque fois, nous n'avons pas eu de formes graves. On a eu des infections dites légères ou modérées", souligne-t-il, lui-même touché depuis 15 mois.

10 à 30% développent un Covid long

L'hypothèse du Conseil scientifique n'est donc pas vérifiée et il faudra encore un peu de temps avant de savoir si le nouveau variant provoque lui aussi des formes graves. En effet, on parle de Covid long lorsque des symptômes sont observés au-delà de quatre semaines après l’infection initiale au SARS-CoV-2. La vague Omicron étant arrivée en France fin décembre, les premiers cas de Covid long, s'il y en a, devraient se déclarer dans les prochaines semaines.

Or, si la proportionnalité de cas de Covid long est la même pour Omicron que pour les précédents variants, 10 à 30% pourraient se déclarer dans cette situation. Une proportion non négligeable alors même que le variant Omicron a provoqué des records quotidiens de contamination, atteignant parfois des moyennes de 400.000 cas quotidiens par jour. Un enjeu que le Conseil scientifique a par ailleurs souligné dans son avis du 19 janvier, appelant à ce que des "moyens humains et financiers soient alloués à la prise en charge nécessairement prolongée dans le temps de ces patients".

En France, le suivi des Covid long a été beaucoup plus laissé de côté qu'au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis par exemple. Ces pays arrivent, eux, à chiffrer précisément le nombre de formes chroniques de Covid, tandis que dans l'Hexagone, ce sont encore des estimations qui sont utilisées. 

Une prise en charge semble cependant peu à peu se mettre en place. Une loi adoptée le 13 janvier dernier et promulguée ce lundi prévoit la mise en place d’une plateforme de référencement et de prise en charge des malades chroniques du Covid, permettant notamment une prise en charge des soins.

Le vaccin a-t-il un effet sur les formes longues du Covid ?

Si le vaccin permet de réduire les formes graves, les études sur le sujet n'arrivent cependant pas encore à trancher s'il a aussi un impact direct sur les risques de contraction d'un Covid long. Le vaccin pourrait par contre réduire les symptômes, au moins temporairement, chez des personnes qui ont déjà contracté un Covid long avant leur injection. 

Une étude a en effet été menée par les autorités sanitaires au Royaume-Uni. Celle-ci a révélé que chez les personnes âgées de 18 à 69 ans qui ont déclaré leurs symptômes entre février et septembre 2021, une première dose de vaccin a réduit de 13 % la probabilité de déclarer des symptômes de longue durée. Une deuxième dose aurait encore réduit ce risque de 9 %. Selon certains chercheurs, il serait donc scientifiquement logique que les vaccins puissent aider certaines personnes souffrant d'un Covid long. 


Aurélie Loek

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