Covid-19 : le défi de la vaccination

Covid-19 - Marche arrière sur la 4e dose : avec Omicron, Israël fera-t-il le pari de l'immunité collective ?

I.N.
Publié le 30 décembre 2021 à 14h29
JT Perso

Source : TF1 Info

VARIANT ET IMMUNITÉ - Après avoir ouvert la voie à une 4e dose de vaccin contre le Covid-19 pour les plus fragiles, Israël a finalement rebroussé chemin dans l'attente de données supplémentaires sur Omicron.

Le pays pionnier de la vaccination fait une pause. Après les deux doses du schéma initial, puis une dose de rappel, Israël avait ouvert la voie à une quatrième injection de vaccin anti-Covid destinée aux plus de 60 ans et aux soignants, dans l'espoir de contenir la nouvelle vague de contaminations provoquée par le variant Omicron. Mais, selon les premières données internationales, cette mutation, beaucoup plus contagieuse, provoquerait moins de cas graves. De quoi faire changer d'avis les autorités israéliennes, qui ne démarrent finalement pas (tout de suite) la campagne pour cette quatrième dose.

"Nous avons besoin de plus de données", justifie sur LCI le Pr Cyrille Cohen, directeur du laboratoire d'immunothérapie de l'université de Bar Ilan (Israël). "Selon les premières données, la troisième dose est excellente sur le Delta, et il semblerait aussi sur Omicron. Sur les 90 personnes en état grave dans nos hôpitaux, 70 à 75 ne sont pas vaccinés. La troisième dose continue d'avoir un bon effet et de protéger."

"Si la situation devient catastrophique, nous mettrons en place très rapidement la quatrième dose"

Si le pays s'était lancé dans l'expérimentation de cette quatrième dose avant de faire marche arrière, c'est parce que les données sur les cas graves provoqués par Omicron manquaient encore. "L'un des comités scientifiques a prôné l'administration de cette quatrième dose parce qu'il y avait une peur face à Omicron", poursuit le Pr Cohen (voir vidéo en tête de cet article). "Mais le directeur général de la santé a dit qu'il préférait attendre encore un peu."

Attendre, et non renoncer. Car la quatrième dose reste sur les rails. "Nous avons commencé un essai clinique sur 150 personnes volontaires pour évaluer certains paramètres et ne pas trop aller à l'aveuglette" dans cette deuxième campagne de rappel, insiste Cyrille Cohen. "Si la situation devient catastrophique dans les admissions dans les centres hospitaliers, et c'est un scénario possible, nous mettrons en place très rapidement cette quatrième dose pour les plus fragiles, le personnel de santé et les personnes avec des comorbidités."

Laisser le virus circuler ?

Dans le cas contraire, si le nombre de cas poursuit sa hausse sans effet majeur sur les hôpitaux, Israël pourrait laisser le virus circuler dans une population largement vaccinée en troisième dose. "Le grand nombre de personnes infectées par Omicron, attendu en Israël et dans le monde, peut augmenter considérablement le niveau d'immunité de l'ensemble de la population et aider à éradiquer Delta et certains autres variants", juge auprès des Échos le Pr Eran Segal, scientifique à l'institut Weizmann.

Le choix d'Israël face à la quatrième dose sera sans doute suivi de près par de nombreux pays, tant l'État hébreu est en avance sur la vaccination depuis le début de la crise. Y compris par la France. Car la piste d'une nouvelle injection de rappel est déjà "sur la table", selon le président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, le Pr Alain Fischer.


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