Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Covid-19 : le variant britannique dominant en France "entre fin février et mi-mars"

ALG
Publié le 18 janvier 2021 à 15h49, mis à jour le 19 janvier 2021 à 6h42
JT Perso

Source : TF1 Info

PROJECTION - Selon l'Inserm, le variant britannique devrait dominer en France "entre fin février et mi-mars". Un scénario déjà avancé, dimanche, par le Pr Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, dimanche, et jeudi par le Pr Bruno Lina qui coordonne la cartographie de sa circulation.

Doit-on s'attendre en France à une flambée de cas liés aux nouveaux variants digne de celle enregistrée depuis décembre au Royaume-Uni ? C'est l'hypothèse redoutée par l'Inserm qui indique dans un rapport ce lundi que le variant britannique représentait 1,4% des contaminations détectées en France lors de la première semaine de janvier, estimant qu'il deviendra dominant "entre fin février et mi-mars"

L'institut prévient par ailleurs que "les nouvelles hospitalisations hebdomadaires devraient atteindre le niveau du pic de la première vague (environ 25.000 hospitalisations) entre mi-février et début avril, en l’absence de mesures". D'où, "la nécessité de renforcer les mesures de distanciation sociale et d’accélérer la campagne de vaccination pour faire face à la menace du variant".

Plusieurs scénarios

Ces projections se basent sur une transmissibilité accrue de 70% de cette forme variante par rapport à la forme classique, précise le rapport. "Une augmentation de 50% de la transmissibilité retarderait la date de dominance d'environ deux semaines (...) Dans le meilleur des cas et en supposant une augmentation de 50% de la transmissibilité des COV, nous atteindrions le pic d’hospitalisations de la deuxième vague d’ici fin mars, si aucune intervention n’était mise en place. Le niveau des hospitalisations du pic de la première vague serait atteint environ une semaine plus tard. Si l'augmentation de la transmissibilité des COV est plus élevée, ces mêmes niveaux seraient atteints trois semaines avant", est-il détaillé en outre. 

À noter tout de même que ces projections ne prennent pas en compte le nombre de personnes vaccinées, encore jugé trop limité pour ralentir efficacement l'épidémie. Tout comme elles ne tiennent pas compte de l'instauration du couvre-feu étendu à 18h à tout le territoire depuis le 16 janvier. Enfin, ces dernières sont focalisées sur le variant britannique et ne prennent pas compte le variant sud-africain dont plusieurs cas ont été recensés sur le territoire, et qui pourrait nuire à l'efficacité des vaccins élaborés pour contrer la pandémie de Covid-19.   

"Vider les lits d'hôpitaux et de réanimation"

Dimanche déjà, l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, avait estimé lors de l'émission Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro qu'une "poussée" de l'épidémie de Covid-19 est probable en mars, avec l'arrivée en France de nouveaux variants du coronavirus. "Avant que le variant commence à faire parler de lui-même - et selon les scénarios qu'on a aujourd'hui c'est plutôt au mois de mars que sa poussée devrait se faire sentir -, eh bien il faut vider justement ces lits d'hôpitaux et ces lits de réa(nimation)", a-t-il ajouté.

Il a rappelé que le Royaume-Uni, avant l'apparition d'un variant en novembre, maîtrisait à peu près l'épidémie, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. En France, "ce qui est vraiment embêtant, c'est qu'on part avec un niveau d'occupation des lits qui est très élevé, en cette fin de deuxième vague", selon lui. "Et du coup on n'a pas beaucoup de marges de manœuvre si l'épidémie redémarrait."

"Une bascule inéluctable"

"C'est une bascule inéluctable", avait dès jeudi indiqué le Pr Bruno Lina, qui coordonne au niveau national la cartographie de sa circulation, avançant lui aussi que le "mutant" britannique devrait dominer dans deux à trois mois en France. "Légitimement, on peut penser que l'expansion du virus prendra le même temps en France. Si on ne fait rien", poursuivait le professeur de virologie au CHU de Lyon, directeur du Centre national de référence des virus infectieux respiratoires à l'hôpital de la Croix Rousse et chercheur au Centre international de recherche en infectiologie (CIRI).

"Il ne faut pas imaginer que parce qu'on en a trouvé 1,4% début janvier, on va en retrouver 30% fin janvier. Ce serait très inquiétant. Mais c'est très peu probable", nuançait-il toutefois. "Et si jamais ça arrive, c'est qu'à un moment donné, on a raté le contrôle de la circulation de ce virus."


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