La France face à une 3e vague d'ampleur

Covid-19 : Olivier Véran fustige l'irresponsabilité de certains médecins

La rédaction de LCI
Publié le 12 novembre 2020 à 9h59
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Source : TF1 Info

COLERE - Dans les colonnes de "Paris Match" ce jeudi, Olivier Véran s'en prend à certains médecins, qu'il rend en partie responsables de la deuxième vague. Selon lui, leurs propos "nous ont fait du mal collectivement".

Nouvel accès de colère pour Olivier Véran. Dans les colonnes de Paris Match ce jeudi, le ministre de la Santé fustige l'irresponsabilité de certains médecins, qui seraient en partie responsable de cette deuxième vague. "A l'époque, des médecins affirmaient que c'était bien que les jeunes se contaminent pour attendre une forme d'immunité ! C'est irresponsable !" lance-t-il, sous-entendant que des praticiens auraient contribué au relâchement observé cet été. "Si, en août, quand j’alertais sur la reprise de l’épidémie qui touchait alors les jeunes dans les villes du Sud, une majorité d’experts avait dit : 'Ce qui nous pend au nez, c’est une deuxième vague, il faut tous s’y mettre pour l’enrayer maintenant', la deuxième vague aurait sans doute été retardée", regrette-t-il encore.

Celui qui est lui-même médecin ne mentionne pas de noms, mais cherche à mettre la pression sur les médecins responsables, dont les déclarations "nous ont fait du mal collectivement". Et ce, bien que le conseil scientifique, organe consultatif de référence du gouvernement, prévenait de cette hypothèse dès le mois de juin.

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Invité sur le plateau de LCI, le chef du service réanimation de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), Jean-Michel Constantin, rejoint le ministre de la Santé sur ses propos. "Je suis totalement d'accord. Il y en a toujours deux ou trois qui étaient là pour dire 'Mais non, c'est idiot, il n'y aura jamais de deuxième vague. Des gens qui ont prêté le même serment que moi... J'ai honte", déclare-t-il. Le chef du pôle des urgences au CHU de Lille, Patrick Goldstein, considère pour sa part les déclarations de ces médecins de "péremptoires". "Il fallait être humble et pour certains, je l'espère, ça va être une très, très grande leçon d'humilité", dit-il à LCI.

Pour le chef des urgences de l'hôpital Avicenne de Bobigny, Frédéric Adnet, il est encore trop tôt pour tirer les leçons de ce qui a pu être dit et pour désigner des responsables. "L'irresponsabilité, on ne peut la statuer qu'après coup. De manière rétrospective on pourrait se dire que oui, il fallait absolument prévoir cette seconde vague, mais je crois qu'à l'époque on n'avait pas non plus les moyens de la prévoir avec un degré de certitude de 100%." Patrick Pelloux, président du syndicat des médecins urgentistes et hospitaliers, considère pour sa part que ce genre de polémique n'a pas sa place dans la situation actuelle. "On règlera les problèmes avec les uns et les autres après", dit-il à LCI, tout en reconnaissant une "cacophonie de la part du corps médical qui est assez pénible".


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