Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Covid-19 : une étude dévoile les causes de la perte d'odorat lors de l'infection

I.N.
Publié le 6 mai 2021 à 7h32
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Source : JT 13h WE

RECHERCHE - Des chercheurs français ont découvert les mécanismes à l'origine de l'anosmie chez certains patients touchés par le Covid-19 et estiment qu'un test PCR nasopharyngé peut se révéler négatif alors même que le virus persiste au fond des cavités nasales.

Un an et demi après son apparition à Wuhan (Chine), le virus provoquant le Covid-19 cache encore bien des secrets. Dans une étude publiée cette semaine et relayée par l'Institut Pasteur, des chercheurs français ont dévoilé les mécanismes provoquant la perte d'odorat, aussi appelée anosmie, que subissent de nombreux malades au moment de l'infection par le Sars-Cov-2.

Longtemps inexpliqué, ce phénomène se caractérise par différentes étapes. D'abord, l'infection virale peut entraîner "la disparition des cils portés par les neurones sensoriels", explique l'Institut Pasteur. "Or, ces mêmes cils permettent la réception des molécules odorantes."

Le virus se retrouve ensuite "dans les neurones sensoriels". De quoi provoquer "la désorganisation de l'organe sensoriel", qui se retrouve "déstructuré par l'infection au coronavirus". Enfin, le Sars-Cov-2 pénètre "dans le premier relai cérébral du système olfactif", ce qui entraîne "la présence d'une neuro-inflammation et d'ARN viral dans plusieurs régions du cerveau".

Des tests PCR nasopharyngés négatifs malgré la présence du virus ?

"Les neurones sensoriels comme le nerf olfactif et les centres nerveux olfactifs dans le cerveau sont infectés" par le virus, analyse Pierre-Marie Lledo, chercheur au CNRS et co-auteur de l'étude, dans des propos rapportés par l'Institut Pasteur. "Une fois entré dans le bulbe olfactif, le virus se propage à d'autres structures nerveuses où il induit une importante réponse inflammatoire", complète Hervé Bourhy, co-auteur de l'étude.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs de l'Institut Pasteur, du CNRS, de l'Inserm, d'Université de Paris et de l'AP-HP ont conduit une étude auprès de patients touchés par le Covid-19, et "complétée grâce à des analyses sur un modèle animal", chez les hamsters. Les résultats ont été publiés dans la revue Science Translational Medicine.

L'anosmie, particulièrement handicapante, peut même se prolonger dans le temps. "Selon nos résultats, la perte de l'odorat peut persister plusieurs mois chez certains patients", estime Marc Lecuit, co-auteur de l'étude. "Cette persistance des signes cliniques est attribuable à la persistance du virus et de l'inflammation dans la muqueuse olfactive."

Avec une conséquence, selon l'Institut Pasteur : "Les tests classiques PCR par écouvillonnages nasopharyngés peuvent se révéler négatif alors même que le virus persiste au fond des cavités nasales". Les chercheurs recommandent donc d'effectuer "un diagnostic par brossage nasal" en plus d'un test PCR "chez les patients présentant une perte d'odorat".


I.N.

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