Covid-19 : le défi de la vaccination

Les vaccins à ARN messager n'augmentent pas le risque cardiovasculaire pour les moins de 75 ans

F.R
Publié le 19 janvier 2022 à 7h58
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Source : JT 20h WE

PISTE - Une large étude menée par l'Agence du médicament, et publié ce mardi, confirme la sécurité des vaccins Pfizer et Moderna. En revanche, les vaccins à adénovirus, AstraZeneca et Janssen sont "associés à une légère augmentation du risque d'infarctus du myocarde et d'embolie pulmonaire chez les adultes, dans les deux semaines suivant l'injection".

C'est une étude qui confirme la balance bénéfice-risque des vaccins contre le Covid-19. Publiée ce mardi par l'Agence du médicament, elle démontre que les vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) n'augmentent pas le risque de problèmes cardiovasculaires graves (infarctus, AVC ou embolie pulmonaire) chez les moins de 75 ans. 

Dans le cadre du dispositif de surveillance renforcée des vaccins, Epi-Phare, une structure associant l'Assurance maladie (Cnam) et l'Agence du médicament (ANSM), a mené une étude sur le risque d'événement cardiovasculaire grave (hors myocardite et péricardite) dans les trois semaines suivant l'injection d'un vaccin à ARNm ou à adénovirus.

Cette étude a porté sur l'ensemble des adultes âgés de 18 à 74 ans vaccinés ou non, admis à l'hôpital en France entre le 27 décembre 2020 et le 20 juillet 2021 pour un infarctus aigu du myocarde, un accident vasculaire cérébral ischémique ou hémorragique, ou une embolie pulmonaire.

Un risque légèrement plus fort avec les vaccins à adénovirus

Et ses résultats confirment la "sécurité des vaccins à ARNm" (ceux de Pfizer et Moderna) "vis-à-vis du risque d'événement cardiovasculaire grave chez les adultes" qui aurait pu survenir au cours des trois semaines suivant la première ou la deuxième dose des vaccins.

En revanche, les vaccins à adénovirus (ceux d'AstraZeneca et Janssen) apparaissent "associés à une légère augmentation du risque d'infarctus du myocarde et d'embolie pulmonaire chez les adultes, dans les deux semaines suivant l'injection". "D'après nos estimations, l’augmentation atteindrait de l’ordre de 30 % pour les risques d’embolie pulmonaire et d’infarctus aigu du myocarde au cours de la deuxième semaine suivant la première dose (d’AstraZeneca)", selon les auteurs. Quant au vaccin Janssen, peu utilisé en France, "l’estimation est plus incertaine, en raison d’un nombre total de cas faible".

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Ces deux vaccins à adénovirus sont peu répandus en France, rappelle l'ANSM. Associés à des risques de thromboses atypiques chez les jeunes, les autorités sanitaires ne les recommandent qu'aux plus de 55 ans. 

Un résultat majeur qui confirme la sécurité des vaccins à ARN messager chez les moins de 75 ans

Rosemary Dray-Spira, épidémiologiste et directrice adjointe de la structure d'Epi-Phare

"C'est pour nous un résultat majeur qui confirme la sécurité des vaccins à ARN messager chez les moins de 75 ans", a affirmé à nos confrères de l'AFP Rosemary Dray-Spira, épidémiologiste et directrice adjointe de la structure d'Epi-Phare. 

Interrogé par nos confrères du Monde, Mathieu Molimard, chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Bordeaux, abonde dans ce sens. "Cette étude est à mettre en perspective avec le risque d’événements cardiovasculaires chez les personnes qui contractent le Covid-19. Car il faut bien prendre en compte le fait que tout le monde va attraper cette maladie, que cela soit avec le variant Omicron ou d’autres. Et le risque est bien plus grand avec la maladie qu’avec les vaccins, surtout ceux à ARN messager, qui se révèlent d’études en études extrêmement sûrs", assure-t-il.

La maladie du Covid elle-même associée à un risque de complications cardiovasculaires

Cette enquête vient corroborer ceux d'autres études internationales. Une précédente étude, qui portait sur les personnes âgées de 75 ans ou plus, n'avait pas mis en évidence d'augmentation du risque cardiovasculaire après chacune des deux doses du vaccin de Pfizer.

Une autre étude d'Epi-Phare portant sur les personnes âgées de 12 à 50 ans avait, elle, montré que les vaccins Pfizer et surtout Moderna augmentaient le risque de survenue de myocardite ou péricardite dans les 7 jours suivant la vaccination, et plus souvent chez des hommes de moins de 30 ans.

La maladie du Covid-19 est elle-même fortement associée à un risque de complications cardiovasculaires, tient aussi à rappeler l'ANSM.


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