Covid-19 : pourquoi autant de dentistes s'équipent-ils de purificateurs d'air ?

Publié le 9 décembre 2021 à 18h05, mis à jour le 16 décembre 2021 à 16h43

Source : JT 20h Semaine

AÉRATION - Face à l'épidémie de coronavirus, de nombreuses professions ont dû s'adapter pour poursuivre leur activité dans de bonnes conditions sanitaires. Les dentistes seraient parmi les premiers à privilégier la solution des purificateurs d'air pour limiter les risques de contamination.

Purificateur d'air ou détecteur de dioxyde de carbone ? Ventilation ou stérilisation ? Pour limiter la propagation du virus en lieu clos, les professionnels ont multiplié les tentatives, parfois perplexes face à un marché en plein essor depuis le début de l'épidémie. Parmi les plus exposés au coronavirus, les dentistes se sont organisés, optant très souvent pour des systèmes de purificateurs d'air, parfois après quelques tâtonnements.

"Quand la première vague est arrivée", explique le docteur David Cohen à LCI, "j'ai fait le tour de toutes les solutions qui existaient à ce moment-là". Pour équiper les neufs "fauteuils" de son cabinet dentaire collectif à la Défense, ainsi que les salles d'attente, il a testé plusieurs équipements, comme un brumisateur d'eau de javel pour stériliser tous les recoins, ou des aspirateurs à postillons. Il n'utilise presque plus ces derniers, trop bruyants pour son activité, depuis la fin de la première vague épidémique.

Un cabinet dentaire (...) crée exactement le milieu que le virus adore pour se propager
Philippe Ducreux, distributeur d'équipements médicaux

L'enjeu était de taille pour les dentistes : comment continuer à soigner des patients la bouche ouverte, dans un face-à-face exigu, avec un virus justement propagé par les postillons ? Philippe Ducreux, gérant du distributeur d'équipements médicaux VET, connaît bien les besoins de cette clientèle, dont il a constaté qu'elle se portait massivement sur la solution des purificateurs d'air. "Un cabinet dentaire utilise des instruments rotatifs et de l'aspersion d'eau", explique-t-il, "ce qui crée exactement le milieu que le virus adore pour se propager, puisqu'il est aéroporté"

Il a constaté de lui-même le problème qui se posait pour les dentistes avec une technologie limitée aux détecteurs de dioxyde de carbone : si ceux-ci sont beaucoup moins chers à l'achat, ils supposent une aération régulière des lieux qu'ils contrôlent. "Les dentistes devaient aérer si souvent qu’ils perdaient beaucoup de temps", se souvient-il, "au point de devoir sévèrement espacer leurs rendez-vous".

Nos patients ont par définition la bouche ouverte, et les postillons volent un peu partout
Dr David Cohen, chirurgien-dentiste

Si le facteur-temps fait partie des arguments qui ont incliné les dentistes vers les purificateurs d'air, ce n'est pas le seul. L'efficacité des appareils haut de gamme en est un autre, de même que la préoccupation qu'ont les patients de la sécurité des lieux. Ainsi, le répondeur téléphonique du cabinet dentaire de David Cohen détaille les diverses technologies qui équipent les salles, répondant d'avance à un souci qu'expriment souvent ses patients. "Un généraliste peut demander à ses patients de garder le masque", explique-t-il, "alors que nos patients ont par définition la bouche ouverte, et que les postillons volent un peu partout"

L'équipement de l'ensemble du cabinet qu'il dirige a nécessité un investissement de l'ordre de 15.000 euros, sans aide extérieure : chaque purificateur couvrant à peu près 15 m2, il en faut au moins un dans chaque pièce pour être efficace. Le dentiste ne regrette cependant pas cette dépense, estimant qu'elle lui a permis de maintenir son activité, et n'ayant pas enregistré de contamination dans son cabinet. 

S'ils sont particulièrement adaptés à l'activité des dentistes, et si un certain nombre d'acteurs politiques les réclament à cor et à cri pour équiper les établissements scolaires, la généralisation des purificateurs d'air se heurte cependant toujours au problème du prix, souvent accentué par la superficie des lieux à "nettoyer". "Pour les grandes salles, c’est presque impensable", témoigne Philippe Ducreux, "l’investissement est très lourd : il faut couvrir tout l’espace, et même installer des appareils en hauteur"


Frédéric SENNEVILLE

Tout
TF1 Info