CRISE SANITAIRE - Le nombre de cas est en constante hausse en France alors que le pic de la cinquième vague était espéré mi-décembre. Comment l'expliquer ?

Un indicateur qui augmente jour après jour. Selon les dernières données en date du 20 décembre, plus de 52.000 nouvelles contaminations au Covid-19 sont enregistrées chaque jour dans le pays, et le taux d'incidence (545 cas pour 100.000 habitants) atteint un niveau inédit depuis le début de la pandémie. Une tendance qui devrait se poursuivre dans les prochaines semaines, alors que le ministre de la Santé Olivier Véran s'attend à plus de 100.000 cas quotidiens d'ici fin décembre.

Pourtant, le pic de la cinquième vague semblait en passe d'être atteint. Entre le 8 et le 13 décembre, la courbe des contaminations s'était même stabilisée. La France se situait alors sur un faux plat montant, une dynamique qui laissait espérer une baisse prochaine du nombre de cas, à l'instar de plusieurs de nos voisins. Même Olivier Véran y croyait. "Il semble que nous ayons atteint un pic épidémique dans notre pays", affirmait la semaine dernière le ministre devant les députés. "Mais je ne peux pas encore vous dire si, après le pic, cela va diminuer, ou si nous resterons sur un plateau."

Un pic de courte durée atteint dans certaines régions ?

Aucune des deux hypothèses ne s'est finalement confirmée, et la courbe est repartie à la hausse. Mardi 21 décembre, près de 73.000 cas ont été enregistrés, soit une hausse de 15% par rapport au mardi précédent. La faute au variant Omicron, beaucoup plus contagieux, et qui devrait être majoritaire en France entre Noël et le Nouvel an, a estimé le ministre de la Santé ce mercredi matin sur BFMTV. Les contaminations provoquées par ce variant augmentent en effet à un rythme plus soutenu que la baisse du nombre de cas engendrés par Delta.

Ces derniers jours, "il y a pourtant eu un pic très clair de Delta, avec une redescente du nombre de cas de ce variant", indique à LCI le Pr Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale de Genève (Suisse). "Cela se voit très bien en Île-de-France. En revanche, Omicron a repris le dessus. La recrudescence du nombre de cas est entièrement liée à ce nouveau variant."

Quand le pic d'Omicron sera-t-il atteint ? "Personne ne peut le dire"

Mais "plusieurs régions françaises connaissent actuellement le pic de la cinquième vague" avec un nombre de cas stabilisé ou en légère baisse, poursuit le Pr Flahault. C'est notamment le cas de la Bretagne, des Pays de la Loire ou de la Nouvelle-Aquitaine. Une accalmie qui pourrait être de courte durée. "Malheureusement, le variant Omicron se branche sur cette vague à peine arrivée à son pic pour repartir à la hausse", regrette l'épidémiologiste. "Nous n'aurons pas le répit attendu."

Alors quand le pic de cette vague débutée fin octobre sera-t-il enfin atteint ? Impossible à prédire avec un variant étranger des scientifiques il y a un mois. "C'est trop tôt pour le savoir", confirme le Pr Flahault. "Les caractéristiques de ce variant ne sont pas encore bien connues, il est donc difficile de savoir quand cette vague descendra, personne ne peut le dire. Mais en Afrique du Sud (berceau de ce variant, NDLR), cela a fini par redescendre." Au Royaume-Uni, touché quelques jours avant la France par Omicron, le taux d'incidence reste toujours en hausse.


Idèr NABILI

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