Santé, éducation, niveau de vie : le Covid-19 a ramené le monde cinq ans en arrière

M.G avec AFP
Publié le 8 septembre 2022 à 9h28, mis à jour le 8 septembre 2022 à 11h43

Source : Sujet TF1 Info

Le monde est revenu cinq ans en arrière en matière de développement, alerte l'ONU dans son dernier rapport, publié ce jeudi.
Pour la première fois en 30 ans, l'Indice de développement humain a reculé deux années de suite, en 2020 et en 2021, revenant à son niveau de 2016.

Des séquelles sur la durée. Dans un rapport publié ce jeudi, l'Organisation des Nations Unies (ONU) a alerté sur un recul global de l'espérance de vie, l'éducation et le niveau de vie ces derniers mois. La pandémie de Covid-19 a fait reculer l'Indice de développement humain (IDH) en 2020 puis 2021, le ramenant à son niveau de 2016. C'est la première fois depuis la création de l'indice - 30 ans plus tôt - qu'il diminue deux années de suite. 

Succession de crises

"Cela veut dire que nous mourons plus tôt, que nous sommes moins éduqués et que nos revenus baissent", explique Achim Steiner, patron du Programme de l'ONU pour le développement (Pnud). "Avec ces trois paramètres, vous pouvez avoir une idée de pourquoi les gens commencent à être désespérés, frustrés, inquiets pour l'avenir", ajoute-t-il. 

L'IDH, qui progressait de façon continue depuis des décennies, a souffert des conséquences de la pandémie, mais aussi de la multiplication des catastrophes climatiques et de la superposition des crises. "Nous avons vécu des catastrophes avant, nous avons eu des conflits avant, mais la confluence de ce à quoi nous sommes confrontés aujourd'hui est un recul majeur pour le développement de l'humanité", insiste le Pnud. 

Plus des 90% des pays touchés

À noter que la baisse de l'indicateur est en grande partie tirée par la réduction de l'espérance de vie de plus d'un an et demi entre 2019 et 2021 (71,4 ans en 2021 contre 73 ans en 2019). "Malgré la reprise importante de l'économie en 2021, l'espérance de vie continue à décliner", a noté l'auteur du rapport Pedro Conceiçao, qualifiant ce déclin de "choc sans précédent". "Aux États-Unis, il y a eu une baisse de deux ans de l'espérance de vie, dans d'autres pays la chute est encore plus grande", met-il en avant.

Ce recul est quasi universel, touchant plus de 90% des pays de la planète, même si les inégalités entre pays sont toujours flagrantes. En haut de la liste, se trouvent toujours la Suisse, la Norvège et l'Islande. Et tout en bas, le Soudan du Sud, devant le Tchad et le Niger. Et si certains pays commencent à se remettre des impacts de la pandémie, beaucoup d'autres en Amérique latine, en Afrique sub-saharienne, en Asie du Sud ou dans les Caraïbes n'ont pas eu le temps de se relever que s'abat déjà une nouvelle crise : la guerre en Ukraine.

Définir de "nouvelles règles du jeu"

En parallèle, l'ONU préconise une évolution des mentalités. "Nous ne pouvons plus continuer avec les règles du jeu du siècle dernier, focalisé sur la croissance économique. La transformation dont nous avons besoin requiert de nouveaux indicateurs : bas carbone, moins d'inégalités, plus de durabilité", plaide l'organisation. 

Trois axes - investissements dans les énergies renouvelables et la préparation aux futures pandémies, assurance (y compris protection sociale) pour absorber les chocs et innovations pour renforcer les capacités à faire face aux prochaines crises - doivent être particulièrement travaillés. 


M.G avec AFP

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