Covid-19 : la France face à la 7e vague

Covid : trois choses à savoir sur le traitement contre les sous-variants BA.4 et BA.5, réservé aux États-Unis

LC. avec l'AFP
Publié le 21 juillet 2022 à 15h31
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Source : JT 13h Semaine

Le laboratoire américain Eli Lilly a produit le seul anticorps monoclonal, à ce jour, efficace contre les sous-variants BA.4 et BA.5 d'Omicron.
Mais l'entreprise ne souhaite pas l'exporter en dehors des États-Unis.

Il serait, pour l'heure, le seul traitement efficace contre les sous-variants du Covid actuellement en circulation. Le bebtelovimab, produit par un laboratoire américain, est toutefois réservé aux États-Unis, au grand dam des soignants et des patients qui tirent la sonnette d'alarme. Mercredi, le Conseil scientifique a demandé au gouvernement français "de mettre tout en œuvre pour que le bebtelovimab, le seul anticorps monoclonal actif sur BA.5 actuellement, soit le plus rapidement disponible en France".

Quel est ce traitement ?

Le bebtelovimab est un anticorps monoclonal qui cible "particulièrement bien la protéine Spike" mutée des sous-variants BA.4 et BA.5, explique Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé mondiale de l'université de Genève. Mais il est toujours expérimental, c'est-à-dire pas encore officiellement mis sur le marché. Au mois de mars, les autorités sanitaires américaines lui ont cependant accordé une autorisation dite d'urgence, après des résultats positifs d'une étude clinique chez des patients ayant des symptômes légers à modérés du coronavirus.

Une bonne nouvelle pour les patients à risques et immunodéprimés, quand on sait que la plupart des anticorps utilisés depuis le début de la pandémie se sont révélés moins efficaces face aux variants d'Omicron.

Qu'est-ce qui bloque ?

En février, le gouvernement américain a passé une première commande de 600 millions de doses de cet anticorps, avant d'en commander 150 millions supplémentaires fin juin. Problème, le laboratoire Eli Lilly ne le propose qu'aux patients américains.

Contactée par l'AFP, la compagnie assure "entretenir une communication permanente et ouverte avec les autorités de santé du monde entier, afin de comprendre le besoin local de cet anticorps qui reste pour l’heure expérimental". Toutefois, en Europe, "au regard des données disponibles considérées comme préliminaires (...), le groupe ne prévoit pas la mise en place d'un essai clinique de phase III" qui amène, après l'évaluation des résultats, à une mise sur le marché européen, explique-t-il.

Le laboratoire dit également "ne pas prévoir sa mise à disposition dans le cadre d'un essai clinique" ou "la soumission d'une demande d'autorisation de mise sur le marché pour ce produit", sans en expliquer les raisons. Les mêmes causes semblent ainsi provoquer les mêmes effets : quand un médicament n'est disponible qu'en quantités limitées, par un seul producteur, les premiers servis sont souvent les habitants du pays du fabricant.

Qu'en pensent les scientifiques en France ?

La position des Américains ne passe pas alors que la septième vague de la pandémie de Covid continue de faire des victimes, en Europe. "Ce médicament peut sauver des vies, ce n’est pas un médicament de confort. Il faudrait envisager d’en faire un bien public mondial afin de le mettre à la disposition des malades très vulnérables qui pourraient en bénéficier dans le monde entier", plaide ainsi le professeur Antoine Flahault.

De leur côté, des chercheurs de l'agence française de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) ont lancé un plaidoyer pour l’obtention de doses de bebtelovimab pour les patients les plus vulnérables. Ce mercredi, le Conseil scientifique a appelé l'exécutif à tout "mettre en œuvre" pour que ce dernier soit disponible "le rapidement en France".

"Qu'attendent nos autorités de santé européennes pour qu'une licence d'office permette d'en garantir l'accès aux patients immunodéprimés qui en ont besoin ?", interroge sur Twitter l'association de dialysés et d'insuffisants rénaux Renaloo.

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En France, à la mi-mai, entre 10.000 et 20.000 demandes avaient été acceptées pour des anticorps monoclonaux. Entre 50.000 et 300.000 patients immunodéprimés seraient pourtant éligibles.


LC. avec l'AFP

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