La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

Covid-19 : vers une fin de la pandémie ? Plusieurs scientifiques y croient

I.N.
Publié le 18 janvier 2022 à 17h40
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Source : TF1 Info

CRISE SANITAIRE - Plusieurs scientifiques espèrent que la fin de la cinquième vague entraînera le Covid-19 dans une phase endémique, loin des vagues connues depuis près de deux ans.

Après deux ans de vagues incessantes, la pandémie va-t-elle enfin s'estomper ? C'est en tout cas ce que laissent entendre certains scientifiques, jusque-là réservés sur la fin de l'épidémie. Car les indicateurs semblent peu à peu virer au vert. Plusieurs régions - la Corse et l'Île-de-France - voient leur nombre de contaminations diminuer jour après jour, tandis que le nombre de patients admis en soins critiques au niveau national s'est stabilisé.

Pour le Pr Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, la cinquième vague pourrait prendre fin dans deux mois. "En mars, nous devrions arriver à un très bon contrôle de la vague actuelle", estimait-il ces derniers jours dans les colonnes de L'Express. "Une période de calme devrait alors s'ouvrir devant nous."

Omicron, l'élément clé pour l'immunité naturelle

Si la France se trouve toujours en pleines turbulences, Omicron en est la principale cause. Ce variant, initialement découvert en Afrique australe et hautement contagieux, semble toutefois moins dangereux que le Delta. "Dans notre service de maladies infectieuses, les patients qui entrent à l'hôpital restent un jour ou deux, ont besoin d'un peu d'oxygène et ressortent. Ce n'était pas le cas avant", indique sur LCI le Dr Robert Sebbag, infectiologue à la Pitié-Salpêtrière (voir vidéo ci-dessous).

Covid-19 : vers la fin de l'épidémie ? L'analyse du Dr Robert SebbagSource : TF1 Info
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Surtout, s'il représente plus de 90% des contaminations, ce variant entraîne moins de formes graves. "L'Omicron est autour de 12 à 15% en réanimation, chez des personnes non-vaccinées, souvent âgées et avec des comorbidités", estime le Dr Sebbag. Dès lors, "le scénario du pire s'éloigne", se réjouit le Pr Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, au micro de France Inter. "Les admissions à l'hôpital devraient atteindre un pic dans la semaine qui vient."

Et ensuite ? Avec un nombre important de personnes infectées ces dernières semaines par Omicron, et une campagne de vaccination qui bat son plein, "il y aura moins de personnes à contaminer", affirme le Dr Sebbag. "Le Conseil scientifique britannique dit de se méfier d'une résurgence possible au printemps, lorsque les personnes immunisées le seront moins", tempère toutefois Philippe Froguel, professeur de médecine au CHU de Lille, sur LCI.

Les autorités tournées vers la fin de la pandémie, l'OMS temporise

Mais la possibilité que cette vague soit la dernière de cette ampleur, à l'instar de ce qu'avait estimé le ministre de la Santé Olivier Véran début janvier, semble réelle. "Nous commençons à reprogrammer des opérations qui avaient été retardées. Peu à peu, nous allons revenir à une normalité", assure le Dr Sebbag. "Je pense que nous pouvons être raisonnablement optimistes pour la suite", affirme de son côté Philippe Froguel. "Cette pandémie finira bien par disparaître."

Une hypothèse désormais sérieusement considérée par les autorités. En Suisse, le ministre de la Santé estime que nous sommes "peut-être à la veille d'un tournant qui pourrait être décisif avec le passage d'une phase pandémique à une phase endémique".

"Personne ne sait exactement quand nous serons au bout du tunnel, mais nous y arriverons", veut croire de son côté le chef de la stratégie vaccinale de l'agence européenne des médicaments, Marco Cavaleri. "Avec l'augmentation de l'immunité dans la population et avec Omicron, il y aura beaucoup d'immunité naturelle en plus de la vaccination", poursuit-il. "Nous avancerons rapidement vers un scénario qui sera plus proche de l'endémicité."

Ce qui ne signifie pas, pour autant, la fin du Covid-19. "Les gens opposent pandémie et endémie, mais le paludisme endémique tue des centaines de milliers de gens, le VIH est endémique, la violence endémique dans nos villes", a déclaré ce mardi le docteur Michael Ryan, responsable des situations d'urgence à l'OMS. "Endémique en soi ne veut pas dire que c'est bon, endémique veut juste dire que c'est là pour toujours."


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